La guerre en Ukraine a semé la mort, la destruction et la misère sur l'Ukraine pendant les six derniers mois. Mais comment a-t-elle affecté le reste de l'Europe ? Le point dans plus de 20 pays européens.
Par David Hutt et Verena Schad
La guerre a suscité des appels à remettre en question la sacro-sainte neutralité autrichienne. Cette politique, qui date de 1955, une époque où l'Autriche était encore occupée par les Alliés, explique pourquoi l'Autriche n'a jamais fait partie de l'Otan, une alliance militaire.
Quoi qu'il en soit, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine, certains estiment qu'il est temps de réexaminer la question. "Un débat critique sur les avantages et les inconvénients de la neutralité est nécessaire" estime le professeur Alfred Gerstl de l'Université de Vienne, "bien que la majorité de la population soutienne la neutralité, qui a un statut presque mythique."
Le chancelier autrichien Karl Nehammer a "clairement articulé son désir de ne pas débattre sur cette question sensible pour le moment" a ajouté M. Gerstl. L'idée que la neutralité ne doit pas être remise en question est majoritairement soutenue par l'opinion publique, d'après un sondage de l'ÖGfE, la société autrichienne de politique européenne.
Pour mettre l'emphase sur cette politique de neutralité, Karl Nehammer est devenu, à la mi-avril, le premier chef d'État européen à rendre visite à Vladimir Poutine depuis le début de la guerre.
Par Andrea Carlo
La Belgique a retardé l'arrêt de plusieurs centrales nucléaires par peur que la guerre en Ukraine ne cause des restrictions d'énergie. Le pays a actuellement sept réacteurs en activité.
Elle avait l'intention de sortir progressivement de sa dépendance au nucléaire d'ici à 2025. Mais la hausse du prix du gaz et le risque de coupe nette des approvisionnements depuis la Russie a poussé le pays à reconsidérer ce choix. La Belgique affirme désormais qu'elle devra décaler de dix ans sa sortie du nucléaire, soit d'ici à 2035.
par Euronews Bulgaria
La guerre en Ukraine a contribué à dégrader rapidement les relations entre la Russie et son ancienne alliée soviétique, la Bulgarie.
La coalition pro-européenne au pouvoir, dirigée par Kiril Petkov, a non seulement soutenu la mise en place des sanctions économiques contre la Russie, mais elle a rejeté la demande de la Russie de payer ses importations de gaz russe en roubles.
En conséquence, Gazprom a coupé les robinets vers le pays, qui était presque intégralement dépendant de la Russie pour son énergie. En juillet, un nouveau gazoduc entre la Grèce et la Bulgarie a été inauguré. Il achemine de l'énergie depuis l'Azerbaïdjan.
Quelques semaines auparavant, le gouvernement de Kiril Petkov a été renversé. La guerre en Ukraine a mis en évidence, entre autres, les divisions au sein de la coalition au pouvoir. De nouvelles élections sont prévues pour début octobre.
Entre-temps, des manifestations ont éclaté à Sofia, où l'on craint que le gouvernement par intérim ne reprenne les pourparlers avec Gazprom afin de rouvrir les robinets de gaz russe.
La guerre a également accentué les divisions au sein de la société bulgare, alimentées par une forte prévalence de la désinformation sur ce qui se passe en Ukraine. En mai, un sondage Gallup International sur les Balkans a révélé que près d'un quart des personnes interrogées (23,3 %) soutenaient la guerre de Vladimir Poutine en Ukraine. Le même sondage montrait que 58,8 % désapprouvaient l'invasion de la Russie.
Par David Hutt
Plus de 413 000 réfugiés ont été recensés en République tchèque, d'après le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Cela représente environ 4 % des 10,7 millions d'habitants du pays. En comparaison, les quelques 1,3 million de réfugiés ukrainiens enregistrés en Pologne représentent 3,3 % de sa population.
Selon un sondage publié en mars, 85 % des personnes interrogées en République tchèque soutiennent leur gouvernement et son choix d'ouvrir ses portes aux réfugiés ukrainiens. Un autre sondage réalisé le mois dernier a révélé que 75 % des personnes interrogées étaient favorables à l'accueil des Ukrainiens.
Comment expliquer que l'opinion publique tchèque soutienne massivement cette politique d'accueil ?
Le 21 août 1968, alors que les manifestants tchécoslovaques descendaient dans la rue pour réclamer une gouvernance plus libérale de la part des communistes au pouvoir, les chars soviétiques ont débarqué pour réprimer le "Printemps de Prague". Les Tchèques (et les Slovaques) ont donc, naturellement, de la sympathie pour ceux qu'ils considèrent comme de nouvelles victimes de l'agression russe.
L'acceptation des migrants ukrainiens a été facilitée par le taux de chômage généralement faible du pays (environ 3,3 % en juillet), d'après Lubomír Kopeček, professeur de sciences politiques à l'université Masaryk. Le ministère tchèque du travail et des affaires sociales a indiqué sur Twitter à la mi-août qu'environ 101 000 des réfugiés avaient trouvé un emploi.
La guerre de la Russie en Ukraine a également renforcé le récent pivot de Prague vers l'Occident, comme l'OTAN, l'Union européenne et Washington. Elle a été l'un des défenseurs les plus actifs et les plus bruyants de l'Ukraine en Europe. "La forte position pro-ukrainienne qu'ils ont adoptée est crédible et correspond à une grande partie de l'opinion publique en République tchèque", a déclaré Sean Hanley, professeur associé en politique d'Europe cen...
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