Emmanuel Macron en Algérie : le gaz algérien peut-il remplacer le gaz russe ?

LCI - 24/08
[VIDÉO] - Emmanuel Macron se rend en Algérie pour trois jours à partir de jeudi. Officiellement, la question du gaz n'est pas le but de la visite. Celle-ci pourrait cependant être abordée, alors que l'Algérie est l'un des dix premiers producteurs mondiaux de ce combustible.

Emmanuel Macron se rend en Algérie pour trois jours à partir de jeudi.
Officiellement, la question du gaz n'est pas le but de la visite.
Celle-ci pourrait cependant être abordée, alors que l'Algérie est l'un des dix premiers producteurs mondiaux de ce combustible.

La visite d'Emmanuel Macron en Algérie (à partir de ce jeudi 25 août) peut paraître bien opportune, alors que tous les pays européens tentent de trouver des solutions pour réduire leur dépendance au gaz russe, afin de continuer à soutenir l'Ukraine, victime depuis maintenant six mois de l'invasion russe. Pourtant, à l'Élysée, on l'assure, la question du gaz ne sera pas au centre des discussions. 

Au contraire, la visite devrait être orientée "vers l’avenir, les startups, l’innovation, la jeunesse, des secteurs nouveaux", indique-t-on à Paris, alors que les relations entre les deux pays s'étaient considérablement distendues à cause de la question mémorielle.

L'Algérie, interlocuteur très convoité par les Européens depuis la guerre en Ukraine

Le gaz algérien représente néanmoins 8% des importations françaises en gaz, tandis que le pays est le 7e plus gros producteur de cette énergie, avec des réserves qui s'élèveraient à près de 2400 milliards de m3. L'Algérie a par ailleurs indiqué fin juillet avoir découvert de nouveaux gisements de pétrole, mais aussi de gaz naturel, permettant au pays d'augmenter ses réserves d'hydrocarbures. 

Cette nouvelle découverte pourrait donc en principe favoriser les importations de gaz via ce pays, afin de compenser la baisse des importations russes, qui représentaient 17% des importations de gaz de la France en 2020. La compagnie nationale Sonatrach a d'ailleurs signé avec l'entreprise française Engie un accord de vente et d'achat qui étend leur partenariat en matière de gaz naturel liquéfié et se traduira par l'augmentation de la part de l'entreprise algérienne dans le portefeuille d'approvisionnement d'Engie.

Mais la France n'est pas le seul pays européen qui pourrait compter sur l'Algérie pour réduire sa dépendance aux livraisons russes. En effet, depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, l'Algérie se retrouve très sollicitée et la visite d'Emmanuel Macron à Alger advient après celle du chancelier allemand, Olaf Scholz, en février, et du président du Conseil italien, Mario Draghi, en avril. Mi-juillet, l'Algérie a d'ailleurs indiqué une augmentation de ses livraisons de gaz avec l'Italie, dont elle est le premier fournisseur - devant la Russie - depuis le début de l'invasion de l'Ukraine.

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Si des annonces de contrat ne devraient donc pas être prévus ces prochains jours entre la France et l'Algérie, un réchauffement des relations avec le premier exportateur africain de gaz naturel ne paraît pas négligeable, en pleine crise énergétique. À noter, que si la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, ne sera pas du voyage, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, et la directrice générale d'Engie, Catherine MacGregor, feront le déplacement aux côtés du chef de l'État français.

Aurélie Loek

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