Ghana : « Le pays n’a pas d’autre choix que de recourir au FMI »

Blamé Ekoué - LePoint - 24/08
DÉCRYPTAGE. Pour l’économiste Daniel Armateye Anim-Prempeh l’annonce du président Nana Akufo-Addo de recourir à l’aide du FMI marque un tournant pour le Ghana.

Gâchis, échec, recul : les mots ne manquent aux Ghanéens pour qualifier la situation économique dans laquelle se trouve actuellement leur pays. Pour le gouvernement du président Nana Akufo-Addo, la pilule est plus qu'amère. Le 1er juillet, le chef de l'État avait dû annoncer, tout contrit, que le pays solliciterait de nouveau l'aide financière du Fonds monétaire international (FMI). Depuis son arrivée au pouvoir en 2017, cet avocat a lancé de nombreuses initiatives pour redonner à ce pays riche en or et en cacao, son indépendance économique, à partir d'une nouvelle doctrine intitulée « Ghana Beyond Aid ». Après avoir été la terre d'excellence du panafricanisme politique dans les années de l'indépendance, le pays se rêvait en modèle continental d'une certaine idée de l'émancipation économique africaine.

Mais c'était compter sans la pandémie mondiale de Covid-19 et ses conséquences néfastes sur les économies africaines. Le Ghana a beau être la deuxième économie d'Afrique de l'Ouest, il n'a pu se relever deux ans après, et surtout, Accra est aussi frappé par les effets de la guerre en Ukraine avec une inflation à deux chiffres, à 27 %. Sauf que, d'après les observateurs, les problèmes majeurs de l'ancienne Gold coast sont d'ordre structurels. En quelques années seulement, le pays s'est beaucoup endetté, le taux atteint désormais 78 % du produit intérieur brut (PIB) contre 62,5 % il y a cinq ans. Pour les analystes, c'est le signe que le gouvernement n'a pris aucune mesure concrète pour permettre à l'économie de résister aux chocs internes et externes. Le manque de discipline budgétaire...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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