Changement climatique : dans l'OCDE, ce sont les Français qui doutent le plus de l'impact de l'Homme

LCI - 24/08
[VIDÉO] - Les discours climatosceptiques auraient plus d'impact en France qu'ailleurs au sein de l'OCDE. Une vaste enquête menée par l'organisation internationale montre que près d'un Français sur deux doute de l'origine humaine du réchauffement climatique.

Les discours climatosceptiques auraient plus d'impact en France qu'ailleurs au sein de l'OCDE.
Une vaste enquête menée par l'organisation internationale montre que près d'un Français sur deux doute de l'origine humaine du réchauffement climatique.

Incendies massifs, épisodes de canicule, sécheresse accrue ou bien encore cours d'eau au plus bas... Cet été, les événements climatiques extrêmes se multiplient en France et en Europe, montrant de manière concrète les effets du changement climatique. 

Pour les scientifiques, parmi lesquels figurent au premier plan les climatologues, le doute n'est en effet pas permis. Ils expliquent que ces dérèglements sont imputables aux activités humaines, et que nous devrons faire face à des épisodes similaires fréquents dans le futur. Un constat sur lequel s'accordent les spécialistes, mais qui ne semble pas partagé de manière unanime par une part non négligeable des Français, si l'on en croit une récente enquête. 

Près d'un Français sur deux climatosceptique

L'Organisation de coopération et de développement économiques, plus connue sous l'acronyme OCDE, réalise régulièrement des travaux comparatifs entre ses différents pays membres, dont la France. L'un d'eux porte sur le changement climatique, et plus précisément sur la manière dont les populations adhèrent (ou non) aux politiques publiques prises pour lutter contre ce dérèglement. L'OCDE a mis en avant des enquêtes "portant sur plus de 40.000 répondants dans vingt pays qui représentent 72% des émissions mondiales de CO2". Parmi eux, la France.

Les questionnaires comportaient une série de questions permettant de mesurer le degré de connaissance des populations interrogées sur le climat, ses bouleversements et les conséquences qui en découlent. Il apparaît ainsi que c'est en France que l'on observe le plus de doute quant à l'origine humaine du changement climatique. Seuls 57% des sondés établissent en effet un lien direct entre l'action de l'Homme et les modifications majeures du climat enregistrées à travers le monde. À titre de comparaison, 84% des Italiens mettent en avant ce lien, tout comme 80% des Espagnols et 74% des Polonais. 

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Les questions posées traduisent également une méconnaissance des Français par rapport aux facteurs aggravants du changement climatique. À la question "la production de bœuf entraîne-t-elle davantage de rejets de gaz à effet de serre que celle du poulet ou des pâtes", nous sommes en effet le pays (parmi les 12 plus développés qui ont été sondés) où le plus de mauvaises réponses ont été enregistrées. Seuls 72% des personnes interrogées ont en effet répondu oui.

Pour le chercheur François Gemenne, par ailleurs membre du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), ces résultats inquiètent. La science, regrette-t-il, "devient affaire de croyances et d’opinions politiques, ce qui est dramatique pour la démocratie, parce qu’on n’a plus de socle commun". Il observe par ailleurs que "s’il y a désormais peu de climato-sceptiques dans les médias, leur entreprise a produit son effet : le doute s’est durablement installé dans la population" française. L'OCDE, pour sa part, souligne que "dans tous les pays, le soutien aux politiques climatiques dépend des perceptions des citoyens concernant trois facteurs clés : l'efficacité perçue des politiques en matière de réduction des émissions, leur impact distributif présumé sur les ménages à faibles revenus (préoccupations en matière d'inégalité), et leur impact direct anticipé (gains et pertes) sur le revenu disponible d...
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