Certains s'offusquent de l'activité en tant que telle. Quand d'autres pointent plutôt du doigt le profil des participants. Depuis ce samedi 20 août, une polémique agite la prison de Fresnes. En cause, les images, publiées la veille, d'un événement qui s'est tenu le 27 juillet au sein de cet établissement du Val-de-Marne. On y voyait des détenus, des surveillants et des habitants de la commune s'affronter lors d'épreuves variées, dont du karting. Une séquence qui a déplu au ministre de la Justice, qui a immédiatement demandé l'ouverture d'une "enquête administrative". Si Éric Dupond-Moretti a décrit des images "choquantes", en remettant en cause cette activité, d'autres se sont étonnés de la présence de deux hommes condamnés à de lourdes peines pour meurtre et pour viol.
"Fresnes est une maison d'arrêt destinée aux prévenus en attente de leur procès et aux condamnés à moins de deux ans de prison", a ainsi souligné un internaute ce mardi, avant de nous demander "comment un condamné à dix ans de prison" pouvait se trouver dans cette structure. Nous avons vérifié.
De fait, il a été relevé par voie de presse, ce mercredi, que deux détenus filmés lors des épreuves de "Kohlantess" avaient un casier judiciaire lourd. L'un deux a été condamné l'an dernier à une peine de dix ans pour viol et un autre avait été condamné pour meurtre.
Pourquoi étaient-ils incarcérés à Fresnes ? Comme l'a souligné l'internaute, le bâtiment principal de ce centre pénitentiaire est bien la maison d'arrêt hommes. Baptisé le "Grand quartier" il ne doit en effet accueillir que "les prévenus en attente de leur procès, placés en détention provisoire" ainsi que "les détenus condamnés à une peine d’emprisonnement inférieure à deux ans" ou dont la durée de peine restante à purger "est inférieure à deux ans", comme le précise le site gouvernemental Vie publique. D'après les statistiques du ministère de l'Intérieur, pour le mois de juillet, 1918 personnes sont détenues dans ce quartier, pour une capacité de 1330 places.
Mais le centre pénitentiaire de Fresnes regroupe aussi d'autres régimes de détention, dont un centre national d'orientation. Or, ce quartier est bel et bien à destination des personnes condamnées. "Tous les condamnés dont le reliquat de peine est égal ou supérieur à plus de dix ans doivent faire l'objet d'une période d'observation" dans ce quartier, comme l'explique le site de l'établissement, "ceci pour prendre le temps d'étudier la situation du détenu et de l'affecter dans l'établissement correspondant le mieux à son profil". Il n'est donc pas étonnant que des personnes au casier judiciaire lourd se trouvent dans cet établissement de la région parisienne.
Et avaient-ils le droit de participer au karting ? Rien ne les en empêchaient. Il revient exclusivement à la direction de l'établissement de faire ce choix. Reste que, dans sa vidéo, l'organisateur de l'événement, Djibril Dramé, précisait que les détenus étaient tous en détention "pour de courtes peines". Dans un communiqué publié ce mercredi, il se dit trahi et évoque "une rupture de la confiance accordée au centre pénitentiaire de Fresnes ainsi qu'au ministère de la Justice".
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