Badia Massabni, reine déchue de la danse orientale

LOrientLeJour - 20/08
Bien que souvent laissées dans l’ombre, les femmes ont de tout temps joué un rôle sociétal et politique dans le monde arabe. Certaines, méconnues du grand public, ont même réussi à faire sauter les...

Les cheveux gris montés en chignon, le buste droit et le regard fier. À 74 ans, presque 75, Badia Massabni est une légende vivante. De l’entre-deux guerre aux années 50, elle a vu défiler dans son établissement du Caire les plus grands, de Farid al-Atrache à Naguib Mahfouz en passant par le roi Farouk. Nous sommes en 1966 et, lorsque la jeune Leila Rustom, un brin timide, lui demande sur un plateau de télévision si elle est mariée, la star ne sourcille pas. « Pas en ce moment, je vis seule », réplique-t-elle. Décrite comme la « doyenne de la danse orientale », la « reine du théâtre » ou encore la « maîtresse de la nuit », la damascène incarne alors tout un monde à elle seule : le magnétisme des capitales arabes, plaques tournantes de l’industrie culturelle régionale dans la première partie du XXème siècle ; les débuts balbutiants du cinéma et un certain vent de liberté, que les régimes autoritaires de la région auront tôt fait de balayer.

Un demi-siècle plus tard, le souvenir de cet univers fantasmé et l’image stéréotypée de la danseuse orientale sont toujours là. Mais le nom de Badia M...
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