Guerre en Ukraine : de Kiev à Moscou, l'appel aux troupes

LCI - 19/08
[VIDÉO] - Après six mois de conflit, les deux belligérants cherchent à recruter de nouveaux soldats. Kiev a lancé une vaste campagne de recrutement, sans laisser de porte de sortie aux élus. Coté russe, les districts ont été mis à contribution, ainsi que les sociétés de mercenaires.

Après six mois de conflit, les deux belligérants cherchent à recruter de nouveaux soldats.
Kiev a lancé une vaste campagne de recrutement, sans laisser de porte de sortie aux élus.
Coté russe, les districts ont été mis à contribution, ainsi que les sociétés de mercenaires.

Du "sang neuf" pour affronter une guerre d'usure. Après six mois de conflit, la Russie et l'Ukraine ont désormais un point commun : leur impérieux besoin de nouveaux soldats. De Kiev à Moscou, on s'active pour enrôler des hommes. Avec chacun sa méthode. 

Comme le souligne Le Figaro, l'Ukraine a débuté il y a quelques semaines une campagne de recrutement. La cible ? Des hommes de 18 à 60 ans. Si depuis le mois de février ces derniers n'avaient pas le droit de quitter le pays, leur soutien est plus que jamais une nécessité. "Il y a des unités qui ont besoin de se reposer et de retrouver leur capacité de combat. En conséquence, de nouvelles forces doivent être amenées", a commenté le ministre de la Défense Oleksiy Reznikov auprès de BBC Ukraine.

La prison encourue pour ceux qui refusent de se battre

Pour "amener" ces nouvelles forces, Kiev a installé des bureaux d’enregistrement militaire. C'est là que, après avoir été interpellés dans la rue par des soldats, qui leur donnent une convocation, les citoyens vont passer une visite médicale et s’enregistrer. Ceux qui sont aptes partent en formation avant un éventuel déploiement sur le front. Un front où, en juillet, les autorités avaient comptabilisé près de 10.000 morts dans leurs rangs.

Comme le rappelle le Figaro, Volodymyr Zelensky espère arriver à un million d’appelés. Gare à ceux qui ne répondent pas à la convocation : ils encourent une amende de 45 euros. Et celui qui refuse d'y aller ou de se battre risque de trois à cinq ans de prison. Pour éviter d'être repérés par les recruteurs, des groupes de discussion ont été lancés sur les réseaux sociaux, chacun informant l'autre de la présence dans sa ville des agents.

Des salaires mirobolants pour les recrues en Russie

Chez l'ennemi, l'heure est également à l'enrôlement de nouveaux soldats. Ici, deux voies existent : l'armée, ou les sociétés privées, type Wagner. Pour recruter dans sa propre armée, Moscou a délégué le travail aux 85 districts de la fédération de Russie. Chacun doit fournir environ 400 soldats, selon un expert de l'IFRI sollicité par Le Monde. Concrètement, cela permettrait d'enrôler jusqu’à 35.000 nouvelles recrues. Un chiffre à la hauteur des pertes sur le terrain de guerre : près de 15.000 soldats russes ont perdu la vie en Ukraine depuis le début du conflit, le 24 février dernier, estiment les agences de renseignement américaine et britannique. 

Problème : cette voie "classique" se heurte à la conscription, obligatoire en Russie. En effet, un appelé ne peut être envoyé au front, sauf en souscrivant un contrat après trois mois minimum de service. Pour convaincre les plus récalcitrants, Moscou a ainsi sorti le chéquier : "D’après un document du département politico-militaire des forces armées de Russie, publié le 19 juillet par un site de militants russes – Perm36,6 –, les salaires proposés sont de trois à quatre fois supérieurs à ceux des contractuels au début de la guerre : soit de 3500 euros à 9000 euros par mois", précise Le Monde.

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Preuve que le conflit ukrainien pèse lourdement dans les effectifs de l'armée, le Kremlin n'hésite plus à recourir au "Pôle Emploi" russe. Quelque 22.200 annonces de postes vacants, tireurs d'élite ou chauffeurs de camion par exemple, ont été relayées, selon une note du Conseil national de sécurité et de défense d’Ukraine. 

Autre solution, l...
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