Depuis plusieurs semaines maintenant, la France manque d'eau. Une situation qui pourrait arriver de plus en plus fréquemment dans le contexte de réchauffement climatique anthropique. Alors, comment nous adapter ? Faut-il multiplier les stockages ? Ou le salut passera-t-il par un indispensable retour à une certaine sobriété ? Des experts nous aident à démêler les fils d'une question qui se révèle extrêmement complexe.
Plusieurs semaines, plusieurs mois que cela dure maintenant. Notre pays connaît actuellement une période de sécheresse extrême. Au 5 août, Météo France annonçait une situation de sécheresse des sols généralisée sur l'ensemble du territoire métropolitain. Avec de nombreuses régions au niveau des records secs historiques. La Provence-Alpes-Côte d'Azur, la Corse, l'Occitanie et même le Grand Est. Aucune amélioration n'était en vue avant le milieu du mois d'août. Pire, des aggravations étaient prévues.
????Les sols superficiels se sont nettement asséchés par rapport au mois précédent sur l’ensemble du pays. Fin juillet, #sécheresse des sols record dans plusieurs régions comme Grand Est, Auvergne-R-A, Franche-Comté...➡️ Bulletin suivi hydrologique 01/08 :https://t.co/sN9tdoXpzlpic.twitter.com/bPsDwQ76To
— Météo-France (@meteofrance) August 8, 2022
Par manque de précipitation. Mais aussi, du fait d'une chaleur excessive. « L'effet d'un été chaud, c'est qu'il amplifie le déficit pluviométrique. Parce qu'il favorise l'évaporation et les consommations. C'est ce que nous observons cette année. Et ce à quoi nous devons nous attendre à l'avenir », nous explique Agnès Ducharne, chercheuse du CNRS au laboratoire Milieux environnementaux, transferts et interactions dans les hydrosystèmes et les sols, en préambule.
Les simulations des pluies pour le futur restent incertaines. Toutefois, dans le contexte de réchauffement climatique anthropique, les climatologues s'attendent à des régimes changeants. « Pour la France, les dernières projections disponibles montrent des précipitations estivales globalement en baisse. Alors même que le signal hivernal, lui, semble à la hausse, donnant finalement un régime pluviométrique plus contrasté. Il apparaît également une structuration nord-sud avec une moitié sud du pays qui a tendance à s'aridifier », nous détaille Eric Sauquet, directeur de recherche en hydrologie à l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae). « Les régimes hydrologiques sont en train de changer. Et en conséquence, la gestion de l'eau de demain ne sera pas la même que celle d'hier. »
« Plus le réchauffement climatique sera important, plus les changements dans les régimes de précipitations seront marqués. Donc la première mesure à prendre, c'est incontestablement de limiter le plus rapidement possible nos émissions de gaz à effet de serre (GES) », remarque Agnès Ducharne. « Mais le train - du réchauffement climatique - est en marche, souligne Eric Sauquet. Et nous sommes à bord. » Alors en parallèle des mesures indispensables d'atténuation, il faut aussi désormais penser adaptation.
Et cette année 2022 nous a malheureusement rappelé brutalement quelques-unes de ces mesures d'adaptation à court terme. Des mesures d'urgence, même, pourrait-on dire. Les arrêtés préfectoraux de restriction d'usages sont de celles-là. L'alimentation par des citernes ou des eaux en bouteille aussi.
Cette année 2022 a aussi relancé le débat du stockage. L'idée aussi vieille que l'humanité que, comme il coule et il tombe de l'eau en hiver, il suffit d'en mettre de côté. En prévi...
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