Sorti chez Crystal Records, Kora Jazz Trio part IV a marqué le grand de retour en 2018 de la célèbre formation acoustique. Pour l'occasion, Chérif Soumano avait repris le poste de koriste initié par Djeli Moussa Diawara. Explications avec le leader du groupe, le pianiste Abdoulaye Diabaté.
Le Point Afrique : comment le Kora Jazz Trio s'est-il formé ?
Abdoulaye Diabaté : L'idée a germé en 2001. J'ai dirigé pendant dix ans l'orchestre national du Sénégal au sein du Conservatoire de Dakar. Dans cet ensemble, il y avait trois sections : jazz, traditionnelle et moderne. Je suis premier prix de conservatoire. J'ai eu la chance d'avoir une bourse de la coopération française pour mener mes études supérieures à Paris. Par la suite, j'ai convaincu un producteur, Gilbert Castro, de monter un groupe de jazz africain, avec des instruments traditionnels africains. J'ai été rejoint par le percussionniste Moussa Sissokho et, au début, à la kora par le Guinéen Djeli Moussa Diawara, le frère de Mory Kanté. Le Kora Jazz est né comme ça, de la volonté de transposer à Paris ce que je faisais à Dakar.
Avant cela, il y avait peu de groupes allant dans cette direction musicale.
C'est un groupe avant-gardiste. Jouer du Charlie Parker à la kora, ce n'est pas évident ! Je dis souvent que le jazz est la colonne vertébrale de l'Afrique. On a des instruments traditionnels fabriqués sur des gammes aujourd'hui dites « jazz » mais que nos grands-parents jouaient en Afrique. Je me suis dit que, si on utilise ces instruments dans une harmonie africaine englobée dans cette gamme dite jazz, nos grands-parents vont l'aimer. Sans forcément connaître « Now's the time » de Parker ou savoir qui est Thelonious Monk. Le Kora Jazz a déclenché cette fusion en reprenant ces standards à la kora pour la première. Après, il y a beaucoup de petits groupes qui se sont greffés sur ce créneau....
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