Salman Rushdie poignardé près de New-York : 33 ans sous la menace d'une fatwa

LCI - 12/08
[VIDÉO] - L'auteur britannique Salman Rushdie a été attaqué ce vendredi sur scène lors d'un événement dans l'ouest de l'Etat de New York. Son ouvrage controversé "Les versets sataniques" avait fait de lui la cible d'une fatwa de l'ayatollah iranien Khomeiny en 1989.

L'auteur britannique Salman Rushdie a été attaqué ce vendredi sur scène lors d'un événement dans l'ouest de l'Etat de New York.
Son ouvrage controversé "Les versets sataniques" avait fait de lui la cible d'une fatwa de l'ayatollah iranien Khomeiny en 1989.

Plus de trente ans après la fatwa appelant au meurtre de l'écrivain britannique Salman Rushdie, la haine des extrémistes à son encontre demeure intacte. C'est ce dont témoigne l'attaque au couteau dont il a été la cible ce vendredi lors d'une conférence dans l'ouest de l'État de New York. L'auteur, d'origine indienne, était devenu l'ennemi désigné des musulmans fondamentalistes après la parution le 26 septembre 1988 de son roman Les Versets sataniques mettant en scène des prostituées rêvant qu'elles étaient les femmes du prophète Mahomet. 

Jugé blasphématoire contre l'islam, son ouvrage avait été accueilli par des manifestations dans plusieurs pays, tandis que l'imam Khomeiny, guide suprême de la révolution islamique iranienne, prononçait à son encontre le 14 février 1989 une fatwa le condamnant à mort. "Au nom de Dieu tout puissant... Je veux informer tous les musulmans que l'auteur du livre intitulé Les Versets sataniques... a été condamné à mort. J'appelle tous les musulmans zélés à l'exécuter rapidement. Que Dieu vous bénisse tous", avait-il déclaré.

Anobli par la Reine d'Angleterre

Le décret religieux plongea l'auteur dans la clandestinité. Le gouvernement "m'a dit que je ne pouvais plus vivre chez moi, qu'il fallait que je paie quelqu'un pour y vivre à ma place", racontait-il dans une interview au quotidien britannique The Times, en janvier 2014. Cette "fatwa" avait entraîné une crise de plusieurs années entre Londres et Téhéran. Pour en sortir, le gouvernement du président réformateur Mohammad Khatami s'était engagé en 1998 à ce que l'Iran ne fasse rien pour appliquer ce décret. Rushdie sort alors de l'ombre et on le voit réapparaître dans les nombreuses soirées VIP qu'il affectionne, au bras de ses compagnes. Après le divorce de sa quatrième épouse en 2007, il se montre dorénavant avec l'actrice américaine Pia Glenn. 

Mais le Guide de la République islamique et successeur de Khomeiny, l'ayatollah Ali Khamenei, a réaffirmé en janvier 2005 que Salman Rushdie était un apostat pouvant être tué impunément. Et le gouvernement du président conservateur Mahmoud Ahmadinejad a déclaré la "fatwa toujours valide" en février 2007. Rushdie n'en a cure. Disant "ne pas regretter" d'avoir écrit Les Versets, il n'a jamais abandonné son combat contre les fondamentalismes. Même si, cette année-là, son anoblissement par la reine d'Angleterre avait relancé les attaques.

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"Tout le monde a eu tendance à croire que (la fatwa) était un incident isolé", déclarait l'écrivain au Times, mais il s'agissait en fait du "prologue" d'un long roman dont les épisodes ont été les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, du 7 juillet 2005 à Londres et de novembre 2008 à Bombay. New York et Londres, les villes entre lesquelles Rushdie partage son temps. Bombay, la mégapole indienne où il est né le 19 juin 1947, dans une riche famille musulmane.

Rushdie a rejeté l'islam à l'adolescence, mais a toujours admiré son grand-père, fervent croyant et resté un "modèle de tolérance". "Le voile, c'est nul", avait déjà lancé Salman Rushdie. Mais ces idées, peu osent encore les exprimer. La fatwa de 1989 a "refroidi" les gens, croit ainsi Rushdie. "Ils réfléchissent à deux fois avant d...
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