La Chine avait promis des représailles. Moins de 24 heures après le départ de Nancy Pelosi de Taïwan, ce qui a été présenté comme les manœuvres militaires chinoises les plus importantes de l'histoire, ont débuté vers midi ce jeudi (soit 6h heure de Paris). Missiles, déploiement de forces maritimes, Pékin a fait étal de sa puissance militaire après la visite controversée de la présidente de la Chambre des représentants américains à Taipei.
Sous couvert de ces exercices dans six zones maritimes autour de Taïwan, au moins 11 missiles chinois se sont écrasés dans la mer au nord, au sud et à l'est de l'île. Des manœuvres aussitôt condamnées par le ministère taïwanais de la Défense. "Tous les missiles ont atteint leur cible avec précision, testant les capacités de frappe de précision et de déni d'accès" à la zone, s'est félicité de son côté Shi Yi, porte-parole des forces militaires chinoises.
Parmi ces missiles, une série de cinq aurait survolé Taïwan, selon le ministère japonais de la Défense avant que quatre ne tombent dans la Zone Économique Exclusive (ZEE) du Japon. Qualifiant l'incident de "problème grave qui affecte notre sécurité nationale et celle de nos citoyens", le ministre de la Défense nippon, Nobuo Kishi, a précisé que "le Japon avait déposé une protestation auprès de la Chine par la voie diplomatique".
Selon des propos du gouvernement rapportés par le New York Times, le dernier missile a atterri à 80 km au nord-ouest de Yonaguni, une petite île située à l'extrémité sud du Japon et à quelques encablures de Taïwan, dans une zone en dehors de la ZEE nippone. En plus de ces missiles, vingt-deux avions de combat chinois sont brièvement entrés dans la zone de défense aérienne taïwanaise, a annoncé le ministre de la Défense de Taipei lors d'un briefing consacré aux manœuvres militaires chinoises. Ceux-ci auraient été traqués activement par le système de défense anti-aérien taïwanais.
Ces manœuvres militaires, qui ont entraîné la violation de zones considérées comme taïwanaise ou japonaise, place toute la région sous tension. Car les événements pourraient rapidement dégénérer en cas d'incidents. Les exercices visent effectivement à simuler un "blocus" de Taïwan et incluent "l'assaut de cibles en mer, la frappe de cibles au sol et le contrôle de l'espace aérien", selon l'agence officielle Chine nouvelle.
Or, "si les forces taïwanaises viennent volontairement au contact de (l'armée chinoise) et viennent à tirer accidentellement un coup de feu, (l'armée chinoise) répliquera avec vigueur et ce sera à la partie taïwanaise d'en assumer toutes les conséquences", a prévenu une source militaire anonyme au sein de l'armée chinoise à l'AFP.
La tension est d'autant plus grande que l'armée chinoise n'a jamais fait de manœuvres aussi proches des côtes taïwanaises. Par ailleurs, certaines des zones d'exercices se positionnent sur des routes maritimes normalement très fréquentées, bloquant donc une partie du commerce maritime. Les tirs à proximité du Japon peuvent également être vus comme des provocations vis-à-vis des États-Unis, alors qu'une base militaire aérienne américaine est située sur l'île japonaise d'Okinawa, placée en pleine mer de Chine orientale.
La Maison Blanche a assuré que la situation était surveillée de près, notamment depuis son porte-avions USS Reagan, qui croise actuellement un peu plus au sud, en mer des Philippines. Washington a cependant annoncé avoir décidé de reporter un test de missile intercontinental p...
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