Il n'y a pas d'âge pour jouer son premier Euro. Alexandra Popp peut l'attester, mieux que quiconque. À 31 ans, la capitaine de la Frauen-Nationalmannschaft (119 sélections, 59 buts) a dû attendre 2022 pour participer à son premier championnat d'Europe des nations. Une longue attente causée par des blessures à répétition, qui l'ont privées des deux précédents tournois.
En 2013, touchée à une cheville, "Poppi" avait regardé de loin le sacre de ses coéquipières, devenues championnes d'Europe pour la huitième fois, la sixième de suite et la dernière à ce jour. En 2017, cette fois, un ménisque déchiré l'avait contrainte à faire une croix sur la compétition aux Pays-Bas, achevée sur une défaite amère en quarts de finale face au Danemark (2-1), futur finaliste.
Mais le proverbe ne dit-il pas "jamais deux sans trois" ? L'attaquante du VfL Wolfsburg, frappée par la malchance, a failli l'appliquer, une énième fois, à ses dépens. En avril 2021, une déchirure au cartilage du genou l'a écartée des terrains durant de longs mois. Seul le report de l'Euro d'un an, en raison de la pandémie de Covid-19 et, par conséquent, la reprogrammation de l'Euro 2020 masculin et des JO d'été de Tokyo, a permis à la joueuse, championne olympique en 2016, de garder espoir. Malgré une petite rechute, au début de l'année 2022, elle a pu finir la saison à temps avec son club, effectuant entre-temps son grand retour sous le maillot de l'équipe d'Allemagne, un an jour pour jour après sa dernière sélection.
Alors qu'elle pensait avoir conjuré le mauvais œil, le 15 juin dernier, un test positif au Covid lui a fait craindre le pire, à trois semaines du coup d'envoi de l'Euro. Un énième embûche sur sa route. Pas de quoi abattre la native de Witten, qui a appris à ne jamais baisser la tête face aux épreuves de la vie. Une force de caractère que celle qui a joué "jusqu'à (ses) 14 ans" avec la section masculine du FC Schwarz-Weiss Silschede s'est forgée dès le plus jeune âge. "Cela m'a permis de grandir plus vite, d'être capable de résister aux coups plus rapidement que la majorité des joueuses, d'acquérir une vraie maturité", a-t-elle raconté au quotidien allemand Bild. "Aujourd'hui, je n'hésite jamais à aller là où ça fait mal."
Le virus vaincu, "Poppi" s'est alors fixée l'objectif de ramener le football féminin allemand, sevré de titres depuis 2013, à l'exception d'un médaille d'or olympique en 2016, dans la lumière. Du haut de son mètre 74 et de son expérience sans commune mesure, la meilleure buteuse en activité de la Mannschaft (59 réalisations) a endossé le rôle de grande sœur dans un effectif, où un tiers de ses partenaires est né dans les années 2000. Une présence rassurante pour ses jeunes coéquipières que sont Lena Oberdorf (20 ans), Klara Bühl (21 ans), Lena Lattwein (22 ans) et Lea Schuller (24 ans).
Dans la poule la plus corsée de l'Euro, avec l'Espagne, candidate au titre, et le Danemark, vice-championne d'Europe en titre, Alexandra Popp n'a pas qu'encadré la relève allemande. Elle a été l'artificière en cheffe de la sélection coachée par Martina Voss-Tecklenburg, qu'elle a connue à Duisbourg (2008-2011). Entrée en jeu face aux Danoises, signant le but du 4-0, l'avant-centre a profité du forfait de sa concurrente Lea Schüller, testée positive au Covid, contre l'Espagne pour sceller la victoire allemande (2-0).
Reconduite face à la Finlande (3-0), elle a fait trembler les filets pour la troisième fois en trois matchs, devenant la deuxième joueuse dans l'histoire de l'Euro à marq...
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