Une bonne dose de déception, un soupçon de regrets... et une pincée d'espoirs. L'aventure en Angleterre se termine avec un goût d'inachevé pour les Bleues, éliminées en demi-finales par l'Allemagne (2-1). Les joueuses de Corinne Diacre, globalement bien neutralisées, sont tombées les armes à la main contre une Frauen-Nationalmannschaft implacable.
Peut-être émoussées physiquement après les 120 minutes disputées contre les Pays-Bas au tour précédent, elles n'ont jamais véritablement réussi à imposer leur jeu. Et comme face aux Bataves, le manque de réalisme a été criant. Il a, cette fois, été rédhibitoire contre des octuples championnes d'Europe glaciales devant les buts adverses et guidées par l'inusable Alexandra Popp (59 buts en 119 sélections). Toutefois, comme l'a justement souligné Corinne Diacre au coup de sifflet final, "tout n'est pas à jeter" de cette compétition.
Parmi les poncifs les plus utilisés dans le milieu du sport professionnel, "le groupe vit bien" trouve une résonance toute particulière dans le contexte de cette équipe de France. Sortie meurtrie, fracturée, presque même brisée, du Mondial 2019, la sélection tricolore a su patiemment se reconstruire autour d'un noyau fort revitalisé. Corinne Diacre a tranché dans le vif. Finies les vagues, les rivalités entre clubs (PSG-OL-Juvisy à l'époque) et des égos jugés trop encombrants. À ce titre, Amandine Henry et Eugénie Le Sommer ont été écartées sans ménagement. Gaëtane Thiney ou encore Viviane Asseyi également. Si sur le plan sportif, ces choix apparaissent contestables, sur le plan humain, la stratégie a, semble-t-il, payé.
Ainsi, en Angleterre, l'insouciance et la bonne humeur ont paru régner dans les rangs bleus. Des affinités sans prise de tête, pas de clans et un groupe soudé où chacune a apporté sa pierre à l'édifice. Seule joueuse de champ à ne pas être entrée en jeu, Hawa Cissoko a, par exemple, joué un rôle capital. "C'est grâce à sa joie de vivre. Elle a toujours un petit mot pour nous. Elle est proche de chacune d'entre nous, elle fait le lien entre les joueuses, et aussi avec le staff", a confié Clara Mateo, dans les colonnes de L'Équipe. "Les filles me disent que j'apporte de la légèreté. Je peux parler avec tout le monde, je peux connecter tout le monde", jugeait, de son côté, la principale intéressée avant le début de la compétition.
Cette belle alchimie constitue, à n'en pas douter, une pierre sur laquelle bâtir pour la suite (Coupe du monde 2023, JO 2024...). "On a bâti quelque chose d'important avec un groupe très sympathique, travailleur et qui n'aime pas perdre", souligne la sélectionneuse Corinne Diacre.
La recette de ce groupe performant sur les terrains, et apaisé en dehors, est à chercher dans le mélange entre les générations. Une savante combinaison de jeunesse et d'expérience. Parfaitement encadrées par les "anciennes" - la capitaine Wendie Renard (136 sélections), Griedge Mbock (70 sélections), Grace Geyoro (54 sélections) ou encore Sakina Karchaoui (52 sélections) -, les nouveaux visages des Bleues ont marqué de gros points lors de ce tournoi.
Les jeunes Lyonnaises Melvine Malard - très convaincante contre l'Islande - et Selma Bacha - supersub de luxe - ont pris rendez-vous avec l'avenir. Par sa vitesse, ses prises d'initiative et ses dribbles chaloupés, la polyvalente latérale a confirmé tout le bien que l'on pense d'elle, après s'être montrée indispensable dans la conquête de la huitième Ligue des champions entre Rhône et Saône. Même chose pour l'attaquante parisienne Clara Mateo, très convaincante dans son nouveau rôle de relayeuse (2 passes décisives). Elia Palis a aussi, sur de plus courtes séquences, su tirer son épingle du jeu. Son entrée "avec tout son culot et toute son audace", dixit Corinne Diacre, contre les Pays-Bas, a notamment marqué les esprits.
De leur côté, Delphine Cascarino (25 ans), ...
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