Recul du droit à l'IVG : de plus en plus d'Américaines se tournent vers le Mexique

LCI - 25/07
[VIDÉO] - Les associations mexicaines pro-IVG reçoivent de plus en plus d'appels à l'aide d'Américaines. Moins d'un an après la légalisation de l'avortement au Mexique, le réseau militant est "prêt" à aider. Des médicaments pour avorter sont notamment envoyés de l'autre côté de la frontière, raconte CNN.

Les associations mexicaines pro-IVG reçoivent de plus en plus d'appels à l'aide d'Américaines.
Moins d'un an après la légalisation de l'avortement au Mexique, le réseau militant est "prêt" à aider.
Des médicaments pour avorter sont notamment envoyés de l'autre côté de la frontière, raconte CNN.

Un renversement spectaculaire des rôles. Moins d'un an après la décriminalisation de l'avortement au Mexique (en septembre 2021), les femmes d'une vingtaine d'Etats américains n'ont, elles, plus le droit avorter, à la suite de l'annulation par la Cour Suprême, le 24 juin, de l'arrêt Roe V. Wade, qui a fait trembler le monde entier. En réaction, elles cherchent de l'aide de l'autre côté de la frontière.

Les associations mexicaines d'aide à l'IVG reçoivent en effet de plus en plus d'appels "désespérés" d'Américaines - du Texas notamment, État frontalier parmi ceux qui interdisent l'avortement - raconte la fondatrice de "Las Libras" (Les libres, NDRL), à CNN. Cette association considérait durant des années les Etats-Unis comme un "exemple", alors que de nombreuses Mexicaines traversaient la frontière pour obtenir une aide à l'IVG. Aujourd'hui, le réseau militant mexicain, qui s'attend à ce que les demandes d'aides "continuent à augmenter" côté Etats-Unis, se dit "prêt à aider". 

Envoi illégal de médicaments du Mexique au Texas

Les deux pilules nécessaires à l'avortement médicamenteux - la mifépristone et le misoprostol - étant moins chères et plus faciles à obtenir au Mexique, les associations mexicaines intensifient leurs efforts pour envoyer ces pilules aux États-Unis. Un accompagnement est également fourni, pour aider les femmes qui n'ont pas les moyens de se déplacer jusqu'au Mexique, à traverser ce processus à distance. 

Une aide illégale envers le Texas, qui interdit depuis l'année dernière l'envoi de médicaments pour l'avortement, et punit d'une peine de prison toute personne fournissant de tels médicaments n'étant pas médecin. Le National Right to Life Committee, le plus grand groupe anti-avortement aux États-Unis, a suggéré ce mois-ci que les États devraient étendre les sanctions pénales aux personnes qui aident une femme à se faire avorter illégalement, y compris le "trafic" de médicaments pour l'avortement. 

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Il est déjà courant pour certains Américains de se rendre au Mexique pour d'autres procédures médicales, note CNN. Traverser le sud de la frontière pour visiter des cliniques d'avortement pourrait désormais devenir un événement plus courant, explique la directrice d'une clinique d'avortement à Tijuana, à la frontière entre les deux pays. Dans sa clinique, près d'un quart de ses patientes étaient américaines en mai 2022, avant même le renversement de l'arrêt Roe v. Wade, détaille-t-elle.

Sébastie MASTRANDREAS

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  • InternationalLa Cour suprême révoque le droit à l'avortement, ouvrant la voie à son interdiction
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