Retour à la normale pour l'Allemagne. Superpuissance du football européen dans les années 2000, la Mannschaft semblait connaître un inexorable déclin ces dernières années. Elle restait ainsi sur deux éliminations précoces, en quarts de finale, lors de l'Euro 2017 (2-1 contre le Danemark) puis de la Coupe du monde 2019 (2-1 contre la Suède).
Arrivées sans véritables certitudes, mais extrêmement revanchardes, les joueuses de Martina Voss-Tecklenburg ont frappé un grand coup lors du premier tour. Elles ont remporté sans trembler le groupe B, le plus relevé sur le papier, en alignant trois succès en autant de rencontres. Les Allemandes ont d'abord pris une éclatante revanche contre le Danemark (4-0) avant de maîtriser une Espagne privée de sa meilleure joueuse, Alexia Putellas (2-0). Elles ont ensuite terminé le travail proprement avec un succès net contre la Finlande (3-0).
Pour la quatrième fois de son histoire, elle a fait le plein lors de la phase de groupes d'un Euro (neuf points sur neuf). À chacune des trois occasions précédentes, elle a remporté le trophée. Mieux, la Mannschaft a remporté ses trois matches de poule sans encaisser de but pour la deuxième fois seulement, après l'édition 2005. Avec des cages toujours inviolées, elle peut devenir la deuxième nation, après la Norvège en 1993, à s'offrir une couronne continentale sans concéder le moindre but (et la première avec la formule actuelle à seize équipes).
Propulsées en quarts de finale, l'inusable Alexandra Popp - première joueuse à marquer au moins un but lors de 4 apparitions consécutives sur une même édition de l'Euro - et ses partenaires ont peiné à se défaire d'une courageuse et surprenante Autriche (2-0). Elles s'en sont finalement sorties en s'appuyant sur leur réalisme et un brin de réussite - l'Autriche ayant touché les montants à... trois reprises - pour passer l'obstacle.
Malgré cette petite alerte - qui pourrait donner des idées aux Bleues -, l'Allemagne fait son retour dans le dernier carré d'une grande compétition avec la manière. Depuis, le début de la compétition, c'est elle qui fait la meilleure impression sur le terrain. Une tendance que confirment les chiffres : elle est tout à la fois la deuxième meilleure attaque (11 buts marqués, soit près de trois par match) et la meilleure défense (zéro but encaissé).
Pour bâtir leur succès, les Allemandes s'appuient sur une défense de fer - dans le sillage de la charnière centrale expérimentée Hegering-Hendrich, âgées respectivement de 32 et 30 ans - et un réalisme glacial. Pas forcément adeptes de la possession de balle à outrance (seulement 53,5% en moyenne depuis le début du tournoi), elles bâtissent leur succès sur des projections rapides et létales. La relative faible précision des passes (seulement la 8ème meilleure formation en la matière avec 77,8% de réussite) confirme ce constat : l'équipe cherche à faire rapidement la différence, dès la récupération du ballon, plutôt que de construire patiemment. Cela s'est particulièrement vu contre l'Espagne (2-0). Si la Roja a monopolisé le ballon (66%), elle s'est faite punir par les contre-attaques adverses.
Pour pratiquer ce jeu rapide, de dépossession, la sélectionneuse Martina Voss-Tecklenburg peut compter sur un milieu de terrain aussi actif que complémentaire. Et ce, malgré les absences de deux taulières de ce secteur de jeu, Dzsenifer Marozsán et Melanie Leupolz. La jeune Lena Oberdorf, au volume de jeu impressionnant, la métronome Sara Dä...
[Courte citation de 8% de l'article original]