Il est celui dont Fela Anikulapo-Kuti, dit Fela Kuti, avait dit : « Sans Tony Allen, il n'y aurait pas d'afrobeat. » Hommage, en justice et en justesse, rendu par celui qui est pourtant considéré comme le père de ce style musical. Tony Allen, qui fut le batteur et le directeur artistique du musicien nigérian, est intimement lié à l'histoire de l'afrobeat, ce syncrétisme musical né de la rencontre entre le jazz, le funk et plus largement la musique africaine traditionnelle.
L'afrobeat originel offrait alors son et groove mêlés à des mots engagés. Une influence politique puisée, entre autres, dans le mouvement de revendications portées par Martin Luther King, Malcolm X et les Black Panthers. Dans un Nigeria rongé par la junte militaire, l'afrobeat sonnait comme une musique de résistance contre les régimes militaires successifs qui détournaient, en avidité, la manne intarissable du pétrole. Ces actes de prédation, Fela Kuti les dénonçait, en concerts d'anthologie, jusqu'à voir sa maison détruite par l'armée ou à être emprisonné.
C'est ce musicien légendaire que Tony Allen avait pu accompagner pendant près de 14 ans. Mais au-delà, Tony Allen était aussi un batteur de génie, dont le musicien britannique Brian Eno avait dit qu'il était « peut-être le plus grand batteur qui ait jamais vécu ». Jugement partagé par le très pointu magazine Rolling Stones qui, en 2016, l'avait classé 33e meilleur batteur de tous les temps, sur une sélection de 100 musiciens...
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