Pourquoi la Nasa a-t-elle choisi Starship de SpaceX pour la mission habitée Artemis ? Décryptage

Rémy Decourt - Futura Sciences - 19/04
En choisissant le Starship de SpaceX pour amener sur la Lune les astronautes des missions Artemis, la Nasa a surpris la communauté spatiale. Et quelle surprise ! Car plutôt qu’un système de...

En choisissant le Starship de SpaceX pour amener sur la Lune les astronautes des missions Artemis, la Nasa a surpris la communauté spatiale. Et quelle surprise ! Car plutôt qu'un système de transport lunaire, il serait plus judicieux de parler de base lunaire ! Les explications de Didier Schmitt, responsable de la stratégie et de la coordination de l'exploration humaine et robotique à l'ESA.

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Au terme d'un processus de sélection de plusieurs mois, la Nasa a choisi le Starship, dans sa version lunaire, pour amener les astronautes « post-Apollo » sur la Lune. SpaceX a remporté un contrat de 2,89 milliards de dollars afin de développer une version lunaire du Starship et effectuer une mission de démonstration inhabitée. Ce choix de SpaceX s'est fait au détriment des deux autres compétiteurs, à savoir le National Team de Blue Origin et Dynetics, ce dernier étant associé à Thales Alenia Space, le leader mondial des modules pressurisés.

Comme pour le ravitaillement en fret de l'ISS et la rotation des équipages, la Nasa achètera des services d'atterrissages lunaires dans le cadre d'un contrat distinct. La Nasa confirme ainsi la philosophie américaine, insufflée par Barack Obama, d'aller vers le tout commercial plutôt qu'une approche contractuelle plus conventionnelle où elle serait propriétaire des véhicules et de la propriété intellectuelle. Pousser le secteur commercial, y compris pour les vols lunaires, est une stratégie basée sur la doctrine américaine, déjà ancienne, de « space dominance ». Dominer, ce n'est pas juste être devant les autres, c'est d'être loin devant ! C'était le principe d'Apollo. Les États-Unis étaient devancés par l'Union soviétique pendant une décennie, puis les ont largement distancés avec un effort hors norme. Aujourd'hui, la Lune est de nouveau l'objectif mais, cette fois-ci, la course est engagée avec la Chine.

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