Un match pour rien ? Surtout pas. Qualifiée pour les quarts de finale, avec deux victoires en deux matchs (une démonstration 5-1 face à l'Italie puis une partie accrochée 2-1 contre la Belgique), l'équipe de France est même assurée de finir en tête de sa poule, avant son dernier match contre l'Islande, lundi 18 juillet (dès 20h50, en direct sur TF1 et en live commenté sur TF1info). Au New York Stadium de Rotherham, là où les joueuses de Corinne Diacre ont désormais leurs habitudes, il serait tentant de dire qu'il s'agit d'un match sans enjeu. Si ce n'est pas tout à fait faux, ce n'est pas tout à faire juste non plus.
Cette rencontre, la dernière avant la phase à élimination directe, doit enfin permettre de situer le vrai niveau des Bleues, quelque part entre les 45 premières minutes flamboyantes face aux Azzurre, ponctuées de cinq buts, et les 135 autres minutes restantes. Désormais orphelines de Marie-Antoinette Katoto, forfait pour le reste du tournoi, la bande à Kadidiatou Diani va devoir se servir de ce match contre les Islandaises pour préparer au mieux son quart de finale, le 23 juillet, contre l'équipe qui finira deuxième du Groupe C (Pays-Bas ou Suède, vraisemblablement). Une vision que défend l'ex-internationale tricolore Camille Abily (183 sélections), consultante pour TF1 pendant la compétition. À quelques heures de Islande-France, l'ancienne meneuse de jeu des Bleues donne à TF1info trois bonnes raisons de ne pas zapper au coup d'envoi.
"Si le match contre la Belgique avait été abouti, comme notre première période face à l'Italie, ce match aurait servi à faire souffler les organismes et à mobiliser d'autres joueuses, qui n'ont pas eu de temps de jeu. Je ne sais pas ce que va décider Corinne Diacre. Va-t-elle être tentée, pour recréer des automatismes, de relancer une équipe type, à deux-trois éléments près ? C'est la question que je me pose, car le fait est qu'on reste sur notre faim après ce deuxième match. S'il y a des bobos dans l'effectif, il ne faut pas prendre le moindre risque. Sinon, en tant que coach et ex-joueuse, j'essaierais d'aligner l'équipe la plus proche de celle qui débutera le quart de finale. Au moins sur la première période, voire la première heure."
"Il faut être réaliste. Certaines filles savaient, dès la préparation à Clairefontaine, que ça allait être difficile d'avoir du temps de jeu. On a un groupe de 23 joueuses qui n'est pas forcément homogène, sans que ça soit péjoratif. C'est juste faire preuve d'objectivité. Pour elles, rien que le fait de regarder, de s'entraîner et d'avoir quelques minutes, c'est déjà une chance. Je comprends qu'on veuille gérer l'effectif, mais il faut que les titulaires aient du temps de jeu ensemble avant les quarts. Ces joueuses-là n'ont pas toutes disputé les deux fois 90 minutes. Elles ont l'habitude, pour la plupart, d'enchaîner les matchs, donc je ne me fais pas de souci pour la récupération. Il faut utiliser ce match face à l'Islande pour travailler nos automatismes, pas sur les 90 minutes, bien sûr, mais peut-être une bonne heure. On a la chance de pouvoir faire cinq changements. Au bout d'une heure, on pourra sortir celles qui ont vraiment besoin de souffler. L'important, c'est d'avoir du vécu en commun avant les quarts."
"L'Islande joue sa qualification. Forcément, au vu de l'enjeu, il va falloir s'attendre à beaucoup d'agressivité et d'engagement. Pour bien connaître la capitaine Sara Björk Gunnarsdottir, qui joue à l'OL, je sais qu'elle va surmotiver ses partenaires. C'est une joueuse qui a de l'énergie et de l'envie. Elle n'hésite pas à mettre de l'impact. Ce sera un bloc difficile à bouger, qui ne prendra pas de risque non plus. Un nul pourrait...
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