Le Japon est toujours sous le choc ce samedi 9 juillet, au lendemain de l'assassinat par balles de son ancien Premier ministre Shinzo Abe pendant un meeting électoral à Nara, dans l'ouest du pays. Aussitôt après les tirs, le suspect, qui commençait à s'échapper, a été maîtrisé par le service de protection.
Tetsuya Yamagami, âgé de 41 ans, a avoué avoir utilisé une arme artisanale pour viser l'ex-chef d'État à deux reprises, au cou et au flanc. À ce stade de l'enquête, que sait-on de son profil et de ses motivations ?
Le quarantenaire, actuellement sans emploi, a déclaré à la police avoir servi dans la Force d'autodéfense maritime, la marine japonaise, pendant trois ans à partir de 2002. Plus récemment, il a travaillé dans une usine de l'ouest du Japon pendant environ un an et demi, mais a démissionné en mai dernier, selon des médias locaux. "Son attitude au travail n'avait pas posé de problème. Je suis surpris et choqué", a notamment déclaré son ancien supérieur au quotidien Mainichi.
D'anciens camarades de collège interrogés par la chaîne de télévision publique NHK l'ont décrit comme calme, mais pas solitaire, doué pour le sport comme pour les études.
Tetuya Yamagami a par ailleurs déclaré aux policiers qu'il avait utilisé une arme artisanale pour commettre l'attaque, et les images de la scène montrent un dispositif grossier, en forme de boîte, avec deux canons, recouvert de ruban adhésif noir. Lors de la perquisition de son domicile, la police a confisqué "plusieurs objets artisanaux ressemblant à des armes à feu". C'est lors de son passage à l'armée qu'il aurait appris à fabriquer ce genre d'armes, selon les médias locaux.
Il est soupçonné d'avoir fabriqué au moins une de ces armes il y a plusieurs mois, selon l'agence Jiji, qui a également rapporté que le suspect avait participé à des exercices de tir à balles réelles dans la marine.
Les motivations de son crime, elles, restent floues. Devant les enquêteurs, il a expliqué avoir visé Shinzo Abe car "il en voulait à une certaine organisation et qu'il avait commis le crime parce qu'il pensait que l'ancien Premier ministre Abe avait un lien avec celle-ci". Si la police japonaise refuse d'en dire plus sur cette organisation, des médias de Nara, cités notamment par BFMTV, évoquent le nom de l'Église de l'Unification.
En Occident, cette organisation est plus connue sous le nom de secte Moon. Toujours selon ces médias, la mère de Tetuya Yamagami, enrôlée dans cette organisation aurait dépensé d'importantes sommes d'argent familial. Le suspect aurait alors initialement voulu viser l'un des cadres de cette église, dont le siège se trouve à quelques mètres de là où Shinzo Abe tenait son meeting public.
Le dirigeant en question ne s'étant pas montré, Tetuya Yamagami aurait alors décidé au dernier moment de s'en prendre à l'ancien Premier ministre, dont il pensait qu'il avait promu l'organisation au Japon.
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