En France, Saint-Gobain emploie 38 000 personnes, dont 14 000 dans l’industrie. Ses métiers ? La production, la transformation et la distribution de matériaux pour la construction et l’industrie, du verre au plastique en passant par le ciment et la plomberie. La France représente 25 % du chiffre d’affaires. Saint-Gobain compte 120 sites industriels dont une quinzaine dans le grand ouest et trois centres de recherche, dont un en région parisienne, un près de Compiègne et un à côté de Cavaillon. Le négoce des matériaux emploie 24 000 personnes dont 400 agences dans le grand ouest. Autant de secteurs qui doivent faire leur révolution verte.
Lutter contre les émissions de gaz à effet de serre passe par des investissements massifs dans le secteur du bâtiment. Pour relever ce défi, le groupe français mise sur ses innovations et travaille aussi avec les ONG. Samedi 9 juillet au matin, aux Rencontres économiques d’Aix en Provence, plus grand forum économique d’Europe, son directeur général Benoît Bazin interviendra à la table ronde consacrée à la décarbonation de l’industrie. Entretien.
Que pèse le secteur de la construction dans les émissions de gaz à effet de serre ?
Sur toute la chaîne, de l’extraction des matériaux jusqu’à la fin de vie des bâtiments, le secteur de la construction représente 40 % des émissions de CO2 dans le monde. Notre ambition est d’être leader mondial de la construction durable : nous développons des solutions pour décarboner le monde de la construction et de l’industrie et lutter ainsi contre le changement climatique. Nous en avons même fait notre raison d’être, avec la volonté de mettre notre croissance au service d’un impact positif.
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Que faites-vous pour atteindre cette neutralité carbone ?
Nous nous sommes engagés à l’atteindre en 2050. Nous avons déjà baissé nos émissions de CO2 de 23 % entre 2017 et 2021. Nous avons des feuilles de route très précises, pays par pays, jusqu’en 2030. Depuis 2016, nous avons un prix interne du carbone, que nous avons révisé à la hausse, et avec lequel nous pilotons nos investissements. Par exemple, le retour sur investissement d’un récupérateur de chaleur dans un four verrier peut être long, environ huit ans. Mais en intégrant le prix du CO2 économisé grâce à la chaleur récupérée, le projet devient attractif. Nous venons aussi de réaliser la première production mondiale zéro carbone de vitrage dans notre usine historique du Nord de la France.
Cela passe par de nouveaux produits ?
Oui, aussi ! Nous avons par exemple développé le vitrage électrochrome. Il peut devenir très foncé ou transparent en quelques minutes sur simple impulsion électrique. Cela permet de faire des économies d’air conditionné de 25 à 30 %. Il avait au départ été conçu pour des toits ouvrants de voiture, puis nous avons réalisé tout le siège de Google en Inde avec ce verre spécial. Et maintenant, un avionneur nous en a commandé pour les hublots d’avions d’affaires. Nous avons aussi développé une plaque de plâtre qui absorbe des composés organiques volatiles et améliore ainsi la qualité de l’air ou des plafonds techniques qui améliorent l’hygiène en milieu hospitalier.