Vols annulés, files d’attentes de plusieurs heures, bagages perdus… Depuis des semaines, les scènes de chaos dans les aéroports se multiplient. Une situation inquiétante alors que la demande est particulièrement forte cette année, au sortir de deux étés largement perturbés par la pandémie de Covid-19.
"On avait anticipé une reprise en novembre dernier, mais ensuite est arrivée la 6e vague de Covid et plus personne n’a fait d’efforts d'anticipation", explique René-Marc Chikli, président du Syndicat des entreprises du tour-operating (SETO). Mais la fréquentation des aéroports a connu un fort rebond ces derniers mois : certains ont retrouvé leur niveau de fréquentation de 2018-2019, sans avoir anticipé un retour de leur clientèle aussi rapide.
Parmi les zones les plus touchées ; les aéroports européens. Ces dernières semaines, les difficultés ne cessent de s’accumuler. Des milliers de passagers sont ainsi restés bloqués à Dublin au début du mois de juin, alors des centaines de vols ont été annulés à Londres, Amsterdam ou Francfort et que le PDG de l’aéroport de Stockholm, en Suède, a été sommé de s’expliquer devant le parlement devant son incapacité à faire face à l’afflux des passagers.
Des événements qui sont intervenus alors que les vacances d’été et la haute saison touristique débutent à peine sur le continent européen. Selon la société de données aéronautiques Cirium, 7870 vols ont ainsi été supprimés en juin en Allemagne, au Royaume-Uni, en France, en Italie et en Espagne, soit près de trois fois plus que sur la même période en 2019.
Cette situation chaotique est due à une combinaison de plusieurs facteurs. Avec le Covid, "les entreprises, que ce soient les aéroports ou les compagnies aériennes, ont largement utilisé le chômage partiel pour réduire leurs effectifs et on se retrouve, comme dans beaucoup d’autres secteurs, avec de nombreuses personnes, stewards ou autres, qui ont quitté le métier", détaille René-Marc Chikli. Des personnels que les acteurs peinent aujourd’hui à remplacer dans des métiers souvent pointés du doigt pour leurs conditions peu attractives, mêlant bas salaires et horaires de travail à rallonge.
"Dès fin mars, on a observé une forte reprise avec de très fortes tensions anticipées sur le printemps et cet été. Ça se confirme aujourd’hui et la situation est catastrophique", déplore le président du SETO. En effet, les aéroports manquent aujourd’hui de personnels dans la sécurité aéroportuaire et à la Police aux frontières (PAF), provoquant des files interminables aux contrôles de sécurité, mais aussi sur les pistes ou encore pour l’acheminement des bagages, avec des situations surréalistes à Roissy ou à Heathrow à Londres, où des milliers de sacs et autres valises sont restés bloqués à quai quand leurs propriétaires étaient déjà en route pour leur destination.
Des manques de personnels qui ont contraint certains aéroports à réduire leur activité, c'est le cas de celui de Schiphol (Pays-Bas) ou de Gatwick et Heathrow au Royaume-Uni. La compagnie low-cost EasyJet a également annoncé réduire son programme de vol pour cet été, tout comme la Lufthansa. D’autres, sans réduire le nombre de vols, conseillent à leurs voyageurs de prévoir d’importants retards avant leur voyage. En France, le groupe Aéroports de Paris (ADP) conseille ainsi aux passagers des long-courriers de venir désormais l’aéroport avec… quatre heures d’avance sur leur vol.
"De notre côté, on demande aux clients d’y...
[Courte citation de 8% de l'article original]