À son retour des États-Unis en 1832, Alexis de Tocqueville se lance dans la rédaction de De la démocratie en Amérique, pour rendre compte des observations qu'il a pu faire lors de son voyage. Un travail d'analyse du système politique américain et plus généralement de la démocratie, dans lequel il évoque aussi les limites de celle-ci, notamment le risque d'une «tyrannie de la majorité»: un système d'oppression et d'effacement des minorités.
Ce concept à succès a par la suite donné naissance à un dérivé, la «tyrannie de la minorité», pour qualifier un groupe peu représentatif de la population qui contraint une majorité à se conformer à ses vues, alors même qu'elle ne les partage pas. Une expression récemment employée pour dénoncer le «wokisme» et/ou certaines franges de l'antiracisme politique, qui ont pris de l'importance de part et d'autre de l'Atlantique ces dernières années et dont les positions font parfois débat.
Mais à la lumière de l'actualité, elle apparaît bien plus pertinente pour décrire les succès et l'influence des mouvements conservateurs et réactionnaires améric...
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