Boson de Brout-Englert-Higgs : 10 ans après sa découverte, où en est-on ?

Laurent Sacco - Futura Sciences - 04/07
Il y a 10 ans, le 4 juillet 2012, le Cern annonçait qu'il avait confirmé l'existence d'une particule mythique donnant sa masse aux particules élémentaires – ce n'est pas le cas des protons et des...

Il y a 10 ans, le 4 juillet 2012, le Cern annonçait qu'il avait confirmé l'existence d'une particule mythique donnant sa masse aux particules élémentaires - ce n'est pas le cas des protons et des neutrons - et permettant d'unifier deux forces fondamentales de l'Univers dont l'une expliquant comment les étoiles brillent et pourquoi la Terre crache encore des laves. C'est donc l'anniversaire de la découverte du boson de Higgs et un petit bilan à son sujet s'impose grâce aux explications de Julien Baglio, physicien théoricien au Cern.

Il y a tout juste 10 ans, le Cern annonçait la découverte d'un nouveau boson lors d'une conférence en présence de Peter Higgs, François Englert, Gerald Guralnik, Carl Richard Hagen, mais hélas, sans Robert Brout. Leur présence ne devait rien au hasard car on savait qu'il s'agissait très probablement de la particule mythique qu'est le boson de Higgs.

Les années qui allaient suivre n'ont fait que confirmer la découverte du boson, parfois aussi appelé de Brout-Englert-Higgs (BEH), dont l'existence avait été prédite théoriquement par ces trois chercheurs, indépendamment de trois autres collègues (il faut ajouter au nom de Guralnik et Hagen celui de Tom Kibble), dans les années 1960.

Bien que Peter Higgs ait été le premier à parler clairement de l'existence de ce nouveau boson -- nécessairement associé à un nouveau champ quantique et pouvant servir à donner une masse à des particules élémentaires cousines des photons qui peuvent jouer le rôle de nouvelles forces dans le monde des hadrons en particulier --, l'existence du boson BEH était déjà implicite dans un article envoyé pour publication avant ceux de Peter Higgs et que l'on doit en juin 1964 à François Englert et Robert Brout.

On peut s'en convaincre à la lecture de l’article consacré par Matthew Chalmers, rédacteur en chef du Cern Courier, à l'anniversaire de l'annonce de la découverte de cette « sacrée particule », pour reprendre une expression du prix Nobel de Physique, Leon Lederman.

Ce boson, très instable, n'est pas observable directement, de sorte que, depuis des années, ce sont en fait les produits de sa désintégration en d'autres particules, avec des caractéristiques particulières, qui ont mis en évidence indirectement son existence fugace dans le déluge de particules produites par les collisions de protons dans les deux détecteurs géants du LHC, Atlas et CMS.

En 1982, au Cern, une équipe de physiciens, dirigée par l’Italien Carlo Rubbia, réalise une des plus extra...
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