« The Murder of Crows » : pourquoi l'art sonore est plus puissant que l'art visuel

Estrella de Diego - El País - 02/07
Une installation emblématique de Janet Cardiff et George Bures Miller, présentée pour la première fois en Espagne au Matadero Madrid, souligne la capacité des sons à construire une architecture et des espaces insolites

Je retourne souvent à Matadero et m'assieds devant la pièce The Murder of Crows, de Janet Cardiff et George Bures Miller, deux des meilleurs conteurs de la scène actuelle. Au fil des mois, l'œuvre, essentiellement sonore, acquiert de nouvelles nuances, notamment au moment de la pièce où, parmi les instruments qui soutiennent la mélodie en crescendo, on entend défiler des bottes militaires. Des voix masculines chantent avec force un air de guerre antifasciste russe, qui prend des accents inattendus au fil des mois, à mesure que la situation évolue en Europe de l'Est. Les tambours résonnent à nouveau et, brusquement, la musique s'arrête. Les corbeaux entrent alors en scène, au loin, puis les pas invisibles qui traversent la pièce. Et le vent terrifiant.

Ce sont des effets spéciaux, mais le visiteur est impressionné à chaque fois, même s'il a vu la pièce plusieurs fois. Cela se passe dans les œuvres de Cardiff et de Miller : elles nous interpellent, nous surprennent,...
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