Après une brève accalmie, une nouvelle vague se manifeste depuis la mi-juin dans l’Hexagone, avec plus de 54.000 cas quotidiens enregistrés sur une période de sept jours, à la date du 24 juin. Comme un air de déjà-vu. Il y a un an, le variant Delta avait engendré une poussée au début des vacances d’été. Cette fois, le regain épidémique est porté par des sous-variants de la famille d'Omicron, BA.4 et surtout BA.5, apparus en début d’année en Afrique du Sud, et détectés en France en avril. TF1info fait le point sur les raisons de ce redémarrage.
Cette nouvelle vague s'explique en grande partie par la progression de nouveaux sous-variants de la famille d'Omicron, BA.4 et surtout BA.5. Dans son dernier bulletin, Santé publique France observe un remplacement progressif de BA.2 depuis plusieurs semaines avec une progression de la détection de BA.5 (41%) et BA.4 (6%) du 13 au 19 juin. À eux deux, ils représentent les deux tiers des nouveaux cas de contamination. Ces sous-variants se propagent d'autant plus rapidement qu'ils semblent bénéficier d'un double avantage de contagiosité et d'échappement immunitaire, c'est-à-dire une forte capacité à échapper à la réponse immunitaire.
"On est face à des variants hautement contagieux, qui sont un peu des agents furtifs passant en dessous des radars des défenses immunitaires ; c'est une vraie complexité de la bande d'Omicron", soulignait le chef de service à l'hôpital Tenon (AP-HP), Gilles Pialloux, la semaine dernière. À l'hôpital, le rebond reste pour l'heure modéré. Une hausse des admissions (+ 6,41%), notamment chez les 80 ans et plus, est observée en soins critiques après plusieurs semaines de diminution et une semaine de stabilisation. Actuellement, 880 patients Covid (+3,65%) sont en réanimation. Mais rien n'indique pour l'instant un quelconque changement de gravité pour des cas infectés par BA.4 ou BA.5 par rapport aux autres souches d'Omicron.
On sait désormais que la protection conférée par les vaccins et par les précédentes infections diminue au bout de quelques mois. "Les personnes qui ont contracté une infection par Omicron BA.1 en décembre sont moins bien protégées qu'elles ne l'étaient en début d'année", résume à l'AFP Samuel Alizon, directeur de recherche au CNRS. "Il en va de même pour l'immunité conférée par les vaccins : même si elle demeure très robuste contre les formes sévères, elle diminue un peu contre les infections moins sévères", souligne le spécialiste. De même, on a longtemps pensé qu'une infection tenait lieu de protection, du moins pendant quelque temps. Mais avec la famille Omicron, il semble qu'il n'en est rien, comme le montrent les résultats d'une étude de l'Imperial College publiée mi-juin dans la revue Science.
Les scientifiques ont analysé des échantillons de sang de plus de 700 travailleurs de la santé au Royaume-Uni. Tous avaient reçu trois doses de vaccin contre le Covid-19 et avaient été infectés par la souche historique ou des variants. Leurs résultats ont souligné que les personnes précédemment contaminées par Omicron présentaient une bonne réponse immunitaire contre la souche initiale du coronavirus et ses premiers variants, mais faible contre Omicron lui-même. "Ce que nous avons découvert, c'est qu'il stimule mal l'immunité contre lui-même, voire pas du tout dans certains cas, explique à l'AFP Rosemary Boyton, co-auteure de l'étude. Ceci, ainsi que le déclin immunitaire après la vaccination, peuvent expliquer l'augmentation massive que nous constatons à nouveau dans les infections, beaucoup de personnes étant réinfectées à de courts intervalles."
En ce début d'été, une saison propice au...
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