«La Constitution n'interdit pas aux citoyens de chaque État de réglementer ou d'interdire l'avortement. Roe et Casey ont arrogé cette autorité. Nous annulons maintenant ces décisions et rendons cette autorité au peuple et à ses représentants élus.» Les mots percutants du juge Samuel Alito achèvent un combat acharné de près d'un demi-siècle contre le droit à l'avortement.
Comment la plus haute juridiction américaine en est arrivée à renverser la célèbre jurisprudence du 22 janvier 1973? Où mènera la fin de ce droit constitutionnel?
L'argumentation du juge Alito repose principalement sur deux éléments: premièrement, le droit à l'avortement n'est pas explicitement inscrit dans la Constitution. Deuxièmement, le critère de viabilité de Roe v. Wade est arbitraire car ne s'appuyant sur aucune base légale.
Cela étant dit, il convient de rappeler que le droit à avorter, reconnu dans la jurisprudence Roe, trouve sa source entre autres dans le droit à l'intimité conjugale reconnu sept ans plus tôt dans la jurisprudence Griswold v. Connecticut. Ce droit est lui-même âprement contesté, car inféré des textes des 1er, 3e, 4e et 9e amendements de la Constitution.
En 1973, le juge Harry Blackmun et six autres juges ont statué en faveur de Norma McCorvey (Jane Roe): le 14e amendement protège le droit à la...
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