Le doute n'existe pas : Emmanuel Macron doit procéder à un remaniement et compléter son gouvernement. Mais quand ? C'est là que l'incertitude demeure. "Ce remaniement sera fait au moment voulu", "on le fera dans les semaines qui viennent, c’est une évidence. La date, je ne l’ai pas encore", a déclaré, ce jeudi 23 juin au matin, la porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire, sur franceinfo. "Ce n’est pas parce que l’agenda médiatique, l’agenda des oppositions est rapide, que c’est forcément l’agenda politique et l’agenda des Français", a-t-elle ajouté, préparant l'opinion à ce que cela prenne du temps.
Le président de la République va être dans l'obligation de remplacer les trois ministres battues aux élections législatives, Brigitte Bourguignon (Santé), Amélie de Montchalin (Transition écologique) et Justine Benin (Mer). "Elles démissionneront, évidemment, la règle est très claire", a assuré Olivia Grégoire, en référence au fait que les ministres battus devraient quitter le gouvernement. En attendant, elles "sont à leurs ministères" et "dirigent leur administration", a assuré la porte-parole. Manière d'expliquer qu'il n'y a pas d'urgence, et que les affaires sont gérées par les futures démissionnaires, notamment à la Santé, alors que gronde la crise de l'hôpital et que l'épidémie de Covid-19 repart à la hausse.
Emmanuel Macron pourrait aussi avoir à changer de ministre des Outre-mer, Yaël Braun-Pivet ayant été désignée par les députés de la majorité pour la présidence de l'Assemblée nationale. Aussi, le chef de l'État devrait compléter son équipe gouvernementale, des maroquins comme le tourisme, le logement ou le numérique n'étant toujours pas pourvus.
Dans son allocution prononcée mercredi soir, le chef de l'État a également sous-entendu qu'il n'était pas en mesure de constituer une nouvelle équipe à l'heure actuelle. Il doit attendre que les oppositions lui disent dans quelles mesures elles sont prêtes à collaborer avec lui. En effet, Emmanuel Macron a appelé les oppositions à prendre leurs "responsabilités" pour faire avancer la réforme du pays, estimant qu'"il faudra clarifier dans les prochains jours la part de responsabilité et de coopération que les différentes formations de l'Assemblée nationale sont prêtes à prendre". Ajoutant comme exemples : "Entrer dans une coalition de gouvernement et d'action. S'engager à voter simplement certains textes, notre budget."
Si les groupes d'opposition se disent prêts à prendre part à "une coalition de gouvernement et d'action", le chef de l'État devra inclure dans sa nouvelle équipe des ministres et secrétaires d'État d'autres bords politiques. Sans réponse de la part de ses adversaires, il ne peut donc pas s'avancer sur de futurs noms, ni même savoir quelle orientation prendra son futur gouvernement. Même si les oppositions ne s'engagent pas à participer à un tel gouvernement, le président pourrait choisir de faire un pas vers des socialistes ou républicains dits "modérés", notamment pour s'assurer de la majorité absolue à l'Assemblée nationale et de leur vote sur des textes importants.
Ces incertitudes concernent également concernant la Première ministre Elisabeth Borne, dont Emmanuel Macron n'a pas prononcé le nom,...
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