Emmanuel Macron a brisé le silence. Pour la première fois depuis le second tour des élections législatives, qui a privé son camp d'une majorité absolue à l'Assemblée nationale, le président de la République s'est exprimé devant les Français. Dans son allocution, il a appelé les groupes d'opposition à "clarifier" leurs positions vis-à-vis de la majorité.
"Il faudra clarifier la part de responsabilité et de coopération que les différentes formations de l'Assemblée nationale sont prêtes à prendre", a déclaré le chef de l'État. "Entrer dans une coalition de gouvernement et d'action ? S'engager à voter seulement certains textes ? Il convient maintenant aux groupes politiques de dire, en toute transparence, jusqu'où ils sont prêts à aller."
Immédiatement après cette courte prise de parole de huit minutes, le chef de file de la Nupes, Jean-Luc Mélenchon, a vivement réagi. "Les électeurs ont, en majorité, rejeté les propositions des candidats du président de la République, rien ne peut effacer cette réalité", a-t-il lancé devant son pupitre. "L'exécutif est faible, mais l'Assemblée nationale est forte. À partir de là, rien ne doit permettre de passer à côté de l'exigence démocratique : la Première ministre doit se présenter devant l'Assemblée et solliciter la confiance. Si elle ne l'a pas, elle doit démissionner."
Le ton est le même du côté des autres forces de la Nupes. "Le président concède sa défaite aux législatives", se réjouit sur LCI Julien Bayou, député Europe Écologie-Les Verts. "Il acte qu'il y a une forme de reparlementarisation. Nous, écologistes, comptons bien faire du climat et de cette crise institutionnelle les priorités." Fabien Roussel, député communiste, "jugera" plutôt "aux actes". "Après la découverte des services publics en 2020, Emmanuel Macron découvre les vertus du débat parlementaire et le vrai rôle de l'Assemblée nationale en 2022."
"Non, les formations politiques n'ont pas à lui répondre jusqu'où elles sont prêtes à aller pour lui donner un chèque en blanc", répond sur Twitter Olivier Faure, député et Premier secrétaire du Parti socialiste. "Non, le président de la République n'a pas compris les Français."
Du côté des Républicains, on s'oppose tout autant à travailler main dans la main avec le gouvernement. Les députés LR ne donneront pas "de chèque en blanc" à l'exécutif, prévient Olivier Marleix, élu ce mercredi à la tête du groupe à l'Assemblée. "Nous n'avons pas de compte à rendre à Emmanuel Macron, les députés LR ont été élus en opposition" au chef de l'État, renchérit sur LCI Nadine Morano, eurodéputée LR. Toutefois, "tout ce qui ira dans le bon sens, évidemment, nous serons au rendez-vous", assure-t-elle.
Le Rassemblement national, mené à l'Assemblée par Marine Le Pen, est sur la même position. "Il faut certes des concessions, des compromis, mais nous ne voterons pas n'importe quoi, n'importe comment", prévient sur LCI Louis Aliot, maire RN de Perpignan. "Notre groupe puissant à l'Assemblée sera ferme, mais constructif, avec pour seule boussole l'intérêt de la France et des Français", assure Jordan Bardella, président par intérim du RN.
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