Réouvertures post 3e vague : la part du sans danger, la part de prise de risque irresponsable

Atlantico - 16/04
Emmanuel Macron a consacré une réunion, ce jeudi, sur la préparation du déconfinement. Des lieux culturels et les terrasses des bars et des restaurants devraient être les premiers à rouvrir à la mi-mai. Ce projet est-il crédible, sensé ou risqué sur le plan sanitaire ?

Atlantico : Emmanuel Macron tenait ce jeudi une réunion afin d’évoquer un calendrier de réouvertures. Dans sa dernière allocution il évoquait une réouverture des terrasses mi-mai. Est-ce un projet crédible et sensé sur le plan sanitaire ?

Jérôme Marty : Mi-mai, c’est dans un mois. Nous sommes actuellement à 45.000 cas par jour. Dans le meilleur des cas on pourrait être à 20.000 dans un mois. Quand nous étions à ce stade précédemment les terrasses étaient-elles ouvertes ? Non. Là, si on les ouvre, il n’y a aucun motif sanitaire le justifiant. Si on ouvre, c’est qu’on est capable de maintenir la courbe de l’épidémie stable. Mais si l’on est à 20.000 cas et toujours pas capables de tracer, d’isoler, ça n’a pas vraiment de logique sanitaire. On ouvrirait par intérêt économique pour éviter de tuer les entreprises. Ils vont certainement rouvrir car ils sont gênés par les images venues d’ailleurs des réouvertures et veulent avoir des images identiques.

Ensuite, sur le plan sanitaire pur, il n’y a pas de gros risques à ouvrir les terrasses. Mais il faut que le politique soit en adéquation avec ses idées : s’il le fait, pourquoi cela n’était pas le cas avant. Hormis la vaccination rien n’a changé. C’est aussi valable pour les concerts de plein air car on sait qu’il n’y a, a priori, pas de risques de contaminations de masse, seulement des risques individuels. Donc c’est envisageable avec un protocole bien fait. Cela peut passer par une jauge, mais il faut s’assurer que les personnes respectent la distanciation sociale et qu’elles ne s’agglomèrent pas, par exemple, contre la scène. La même problématique se pose actuellement dans les écoles, lycées et collèges actuellement. Fermer une classe sur deux ne sert à rien si les classes restantes demeurent à 35 élèves. Si on ouvre, en extérieur, avec des protocoles qui le permettent, il n’y a pas trop de risques.

Est-ce que des lieux en intérieurs pourraient eux aussi être ouverts sans courir de trop grands risques ?

À Lire Aussi

Covid-19 : quelles sont vraiment les professions les plus à risques ? Des données étrangères suggèrent que les discours officiels français sont (très) approximatifs

Jérôme Marty : C’est possible, avec des protocoles strictes et l’utilisation massive des autotests. S’ils rendaient quasi-obligatoires, gratuits et disponibles partout ces outils ça pourrait fonctionner. Il faudrait aussi qu’ils communiquent dessus. Cela passe aussi par une aération importante. Certains professionnels de la restauration mettent en place un protocole d’ouverture avec des distances entre les tables et ...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...