Un coup de chaud exceptionnel et précoce. Ce mardi déjà, plusieurs records de chaleur ont déjà été battus en France - notamment dans les Bouches-du-Rhône avec 36,2°C - alors que le plus fort de cet épisode est attendu pour la fin de semaine, avec des pointes à 40°C dans le sud de la France. Une canicule qui intervient après un mois de mai exceptionnellement chaud, tandis que ces phénomènes sont appelés à s’intensifier dans les années à venir sous l’effet du changement climatique.
Des vagues de chaleur qui transforment certains centrent urbains en véritables radiateurs. C'est ce que l'on appelle des "îlots de chaleur urbaine" ou ICU. Avec ces îlots, la température est plus élevée la nuit dans la ville que dans les banlieues, elles-mêmes plus chaudes que les campagnes alentours, détaille le Centre national de recherches météorologiques (CNRM). "Dans les villes, les bâtiments ont emmagasiné de la chaleur en raison du soleil toute la journée et cette énergie est relâchée pendant la soirée, ce qui empêche l'air de se refroidir", explique Valéry Masson chercheur au CNRM. "À la campagne, la végétation utilise le soleil pour l'évaporation de l'eau et stock moins de chaleur que le béton ou le bitume des villes."
Les îlots de chaleur provoquent ainsi une augmentation du nombre de nuits tropicales, où la température minimale reste supérieure à 20°, empêchant le corps de récupérer de la chaleur de la journée. En résumé, plus un quartier manque d'arbres ou de parcs ou plus ses bâtiments sont hauts et resserrés, plus la chaleur sera importante par rapport à des zones plus ouvertes et végétalisées. "Avec une journée de beau temps comme aujourd'hui, on peut avoir jusqu'à 10 degrés d'écart entre une ville et la campagne", détaille Valéry Masson. "On peut également avoir un dôme principal et ensuite des variations de températures de quartier à quartier en fonction de la présence de zones fraîches ou non, de parcs ou autres".
Un phénomène qui peut se transformer en "surchauffe urbaine" lorsque l’on y ajoute l’inconfort des habitants qui dépend de leur âge, du type de logement qu’ils occupent ou encore de leur santé et qui peut s'avérer particulièrement dangereux. Selon Santé publique France, lors de la canicule historique de 2003 qui avait fait plus de 15.000 morts en France, la surmortalité avait atteint 141% à Paris contre 40% dans les villes petites et moyennes. Des chiffres qui peuvent s'expliquer par l'apparition de ces îlots de chaleur.
Les causes de ces ICU sont par ailleurs bien connues : trop de surfaces artificielles minérales et sombres (béton, bitume, briques...) qui absorbent la chaleur, pas assez de végétation, une présence insuffisante d’eau, ou encore des rues rectilignes et de hauts bâtiments qui empêchent l’air de circuler et d’évacuer la chaleur dans les villes, créant un "dôme" de fortes températures au-dessus des quartiers les moins verts. Sans oublier l’utilisation poussée de la climatisation qui, tout en rafraîchissant l’intérieur des appartements, réchauffe l’air extérieur par ses rejets.
Mais des solutions existent pour tenter de lutter contre ces bulles, notamment par la création "d’îlots de fraîcheur" ou de "corridors" végétaux dans les villes, avec une multiplication d'espaces végétalisés. "En diminuant par deux les espaces au sol bitumés, nous estimons que nous pouvons diminuer de un à deux degrés un îlot de chaleur", détaille Valéry Masson.
Une étude menée par le groupe Descartes avec le CNRM a d'ailleurs montré qu’il était possible de réduire un îlot d...
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