Il est à peine 7h30 quand Rachel Thenard débute sa tournée. Première étape, un accueil de jour où les personnes sans domicile peuvent se réchauffer, partager un café ou un repas, prendre une douche. À son arrivée, son patient Thomas* fait des allers-retours dans la pièce d'un pas nerveux. Il râle car le café n'est pas prêt.
Autour de lui, une dizaine d'hommes ouvrent des yeux fatigués sous la lumière blanche des néons. Tôt ce matin, tous ont appelé le 115, le numéro d'urgence pour les personnes SDF. Chaque jour, il leur faut joindre le service pour gagner une place à l'accueil de jour et à la halte de nuit.
Thomas fréquente ce lieu depuis le mois de février. À ses doigts, le bandage protégeant une brûlure causée par un feu de matelas part en lambeaux. «Je vais vous changer ça, je vous attends dans l'infirmerie», lui propose calmement Rachel. Thomas se pose enfin et tend son bras tatoué à l'infirmière. «Des fois je m'énerve. C'est pas facile de vivre ici.»
Comme tous les patients suivis par Rachel et son équipe nommée Solida'Ssiad (Services de soins infirmiers à domicile), Thomas passe ses nuits dans des structures dédiées à l'accompagnement des plus précaires: accueils d'urgence, Centres d'hébergement et de r...
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