Le 29 mai 2021, après un mois de concours, Jonathan Fournel était sacré Premier Lauréat du Concours Reine Élisabeth de Belgique. À 27 ans, il était le premier Français depuis trente ans à remporter ce prix prestigieux, mais également le premier à décrocher le Prix du Public Musiq'3 et le Prix Canvas-Klara. Un an après, alors qu'il a sorti un premier album solo dédié à Brahms en octobre dernier chez Alpha Classics, le pianiste enchaîne les concerts dans le monde entier. Il sera présent dans plusieurs festivals cet été (Estivales de musique en Médoc, Flâneries de Reims…), en tournée au Brésil en novembre ou à la Philharmonie de Paris en avril 2023. Alors qu'il s'apprête à donner un récital à la Fondation Louis Vuitton jeudi 9 juin, le musicien s'est confié avec volubilité et sensibilité sur son rapport à la musique, sa nouvelle célébrité, sa participation aux Concerts de poche sous la houlette de Gisèle Magnan ou encore ses rêves déçus de trombone.
Le Point : Comment votre histoire avec la musique a-t-elle commencé ?
Jonathan Fournel : Par mes parents, puisque mon père était organiste et professeur de solfège et d'analyse musicale dans un conservatoire dans l'est de la France, à Sarreguemines. Il était aussi titulaire dans une église qui était située pas très loin de chez nous. On y allait tous les dimanches et j'étais toujours un petit peu plus intéressé par la musique que par l'office lui-même. J'ai baigné là-dedans depuis très petit, mais je n'avais jamais voulu devenir musicien. J'avais envie de faire du trombone. Mais mon père m'a dit : « Le trombone, ça fait du bruit, c'est insupportable. Si tu as envie de commencer à faire quelque chose, tu vas faire d'abord du piano, c'est bien pour commencer à ...
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