Législatives : "Les électeurs n'ont pas envie de construire une majorité", estime Jérôme Jaffré

LCI - 06/06
[VIDÉO] - À six jours du premier tour des élections législatives, la campagne peine toujours à démarrer. Comme en 2017, les Français pourraient majoritairement bouder les urnes. Pour le politologue Jérôme Jaffré, cela s'explique par un "manque d'envie" des électeurs.

À six jours du premier tour des élections législatives, la campagne peine toujours à démarrer.
Comme en 2017, les Français pourraient majoritairement bouder les urnes.
Pour le politologue Jérôme Jaffré, cela s'explique par un "manque d'envie" des électeurs.

Ce dimanche 12 juin, les quelque 48 millions de Français inscrits sur les listes électorales sont appelés aux urnes pour le premier tour des élections législatives. Mais, comme souvent, l'abstention pourrait être la grande gagnante du scrutin. Invité de LCI ce lundi, Jérôme Jaffré, politologue et chercheur associé au Cevipof, craint que les Français boudent encore plus les urnes qu'en 2017, lorsque l'abstention s'était élevée à 51,3% au premier tour.

La faute, d'abord, à une campagne qui peine à démarrer. "Elle est extrêmement atone, ce qui est classique après une présidentielle", estime le politologue (voir vidéo en tête de cet article). "Mais cette fois, le président de la République a été réélu et non pas élu, c'est une différence absolument fondamentale", juge-t-il. "L'élan provoqué par la première élection d'un président ne joue pas."

"Pas de passion pour le scrutin"

Selon Jérôme Jaffré, les Français ne souhaitent pas donner la majorité absolue (289 députés) au chef de l'État pour qu'il puisse appliquer son programme. "Les électeurs n'ont pas envie d'aider Macron à avoir une très forte majorité et à faire ce qu'il veut pendant cinq ans", analyse le chercheur associé au Cevipof. "D'autant que nous avons eu, pour la deuxième fois consécutive, une élection présidentielle sous contrainte : plusieurs millions d'électeurs ont voté Emmanuel Macron parce qu'ils ne souhaitaient pas que Marine Le Pen devienne présidente de la République. Leur motivation n'est donc pas de soutenir le président élu."

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Toutefois, les oppositions pourraient ne pas non plus être les grandes gagnantes du scrutin. "Il n'y a pas d'envie des électeurs de construire une majorité dans un sens ou dans un autre", poursuit-il. "Les électeurs n'ont pas envie de faire de Jean-Luc Mélenchon le Premier ministre du pays, et ils ne voient ni chez Les Républicains, ni chez le Rassemblement national, une force politique capable d'être majoritaire. Ils n'éprouvent pas de passion pour le scrutin. Cela veut dire que le système de la Ve République fonctionne mal."

Idèr Nabili

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