Une grande partie de l'histoire artistique de la France au XXe siècle. Et c'est que dans cet hôtel particulier désespérément haussmannien qui conserve l'élégance sensible du 19ème siècle, vous trouverez le Studio Harcourt Paris, une institution incontournable pour comprendre l'art de la photographie, la modernité, la résistance et ce qui est si difficile à assimiler et qui ne peut être amusant que dans des poèmes ou des livres d'histoire de l'art : le temps qui passe.
Ce studio a été fondé en 1934 avec l'intention de laisser derrière eux les peintures d'affiches de cinéma et de photographier, en plus des gens de la rue qui en avaient besoin (avant que les gens ne soient photographiés dans les studios), des figures du septième art naissant. L'histoire de sa fondation est à la hauteur de son prestige. Une histoire avec des lumières et des ombres car sa fondatrice, Cosette Harcourt, née au numéro 21 rue Condorcet à Paris, ne s'appelait pas comme ça le jour où le monde s'ouvrit. Fille de Percy Victor Hirschfeld et de Sophie Liebman, immigrés juifs allemands installés à Paris à la fin du XIXe siècle, la petite Germaine Hirschfeld s'est enfuie à Londres avec ses parents pendant la Première Guerre mondiale pour échapper à la xénophobie. Elle rentre en France vers 1923, où elle est contrainte de s'inventer une identité et une nationalité. Grâce à la complicité de quelques aimables et nobles voisines normandes, elle emprunte un nom de famille sans chichi qui garde le « H » et adopte un nom emblématique d'un personnage des Misérables de Victor Hugo : Cosette.
Intérieur du studio parisien où se déroulent les séances. Ed AlcockCosette Harcourt, dans le plus pur style Coco Chanel, devient ainsi une photographe de nationalité anglaise, remarquée pour sa volonté d'utiliser un accent britannique. L'élégance disciplinée et l'allure aristocratique ont gardé ses origines ambiguës et l'ont aidé à déguiser sa génétique juive. Il revient à Paris en 1930. Trois ans plus tard, il installe un studio de photogr...
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