« L’autre défi à relever est le risque accru de défaut de paiement »

Blamé Ekoué - LePoint - 31/05
ENTRETIEN. Dans un contexte géopolitique tendu marqué par un ralentissement mondial, George Agyekum Nana Donkor, président de la BIDC, revient sur les défis pour l’Afrique de l’Ouest.

Alors que la reprise économique en Afrique était dans tous les agendas après deux années de ralentissement dû à la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine vient fortement contrecarrer les projets des grandes institutions. L'Afrique de l'Ouest, et plus particulièrement la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), n'est pas épargnée. Presque tous les secteurs d'activité subissent les impacts du conflit, les États ne disposent pratiquement plus de marges de manœuvre –au contraire, ils anticipent plutôt une baisse de leurs recettes et donc de réduire in fine leurs budgets d'investissement. Sur le long terme, les risques sont grands désormais de voir le développement de la sous-région impacté.

C'est dans ce contexte que la BIDC, banque d'investissement et de développement de la Cedeao*, bras financier des 15 États membres, a la lourde de charge de catalyser la relance économique de la zone. Établi à Lomé, au Togo, le siège de l'institution est en ébullition après une période de traversée du désert caractérisée par le manque de ressources financières dans le secteur bancaire en Afrique de l'Ouest. L'institution a dû revoir tous les pans de sa stratégie de mobilisation de ressources afin de renforcer la résilience des États membres face à la pandémie de Covid-19. Ce qui lui permit de limiter les risques accrus de défaut de paiement tout en injectant des ressources financières dans les économies d'Afrique de l'Ouest. Quid de l'avenir ? George Agyekum Nana Donkor, le président de la BIDC, est revenu en détail pour Le Point Afrique sur les défis qui attendent le continent africain sur les sujets du financement, du développement et des investissements.

Le Point Afrique : Votre institution est le bras financier des 15 États membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest. Mais elle a traversé une zone de turbulences ces dernières années faute de ressources financières. Qu'en est-il présentement alors que les États de la sous-région ont besoin de financement ?

George Agyekum Nana Donkor : Tout d'abord, permettez-moi de retracer un peu l'historique de cette grande banque de développement. En 2006, l'autorité des chefs d'État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest a accepté de réorganiser les deux filiales de l'ex-fonds de la Cedeao créé en 1975, c'est-à-dire la fusion du Fonds régional de développement de la Cedeao (FRDC) dédié au financement du secteur public et la banque régionale d'investissement de la Cedeao (BRIC) dédiée au financement du privé. Cela, dans le but d'étendre les services de la banque à une plus large variété d'acteurs imp...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...