Leurs visages vont sont devenus familiers au cours des cinq dernières années. À l'issue du changement de gouvernement annoncé ce vendredi 20 mai, plusieurs poids lourds du premier mandat d'Emmanuel Macron quittent leur ministère, pour diverses raisons.
Jean-Michel Blanquer (Éducation nationale), Julien Denormandie (Agriculture), Marlène Schiappa (Citoyenneté), Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères), ou encore Florence Parly (Armées) ont fait leurs cartons ce vendredi, pour un déménagement définitif.
Après un quinquennat rue de Grenelle - un record sous la Ve République - Jean-Michel Blanquer peut se targuer d'avoir impulsé la réforme du bac, le dédoublement des classes de CP et CE1 dans les zones d'éducation prioritaire et d'avoir œuvré pour garder les écoles ouvertes au maximum malgré le Covid. Il a également dû assumer les suites de l'assassinat de Samuel Paty, ce professeur d'histoire-géographie décapité en octobre 2020 qui a traumatisé le monde de l'éducation.
Mais ce "techno" critiqué pour sa rigidité et son goût immodéré de la communication, suscitait la défiance, voire le rejet d'une bonne partie du monde enseignant et de la gauche. Combattant le wokisme ou "l'islamo-gauchisme", il cherche à poursuivre l'aventure politique en se lançant dans la bataille des législatives dans le Loiret.
Fidèle de la première heure d'Emmanuel Macron, Julien Denormandie était ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation depuis juillet 2020 après avoir occupé les fonctions de ministre chargé de la Ville et du Logement et secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des territoires depuis 2017. Pressenti pour un portefeuille important, il a toutefois expliqué, dans un communiqué transmis ce vendredi, avoir choisi de privilégier sa vie familiale, qu'il a dû sacrifier au cours des années passées au gouvernement.
Jean-Yves Le Drian est le seul ministre, avec Annick Girardin, à avoir œuvré sous François Hollande puis Emmanuel Macron. Après 10 ans dans l'exécutif, cinq comme ministre de la Défense sous Hollande puis cinq autres années au Quai d'Orsay, le doyen du gouvernement, 74 ans, raccroche en pleine crise internationale. Lutte antijihadiste en Irak, en Syrie et au Mali, rupture diplomatique avec Bamako, crise des sous-marins avec l'Australie, pandémie mondiale, invasion de l'Ukraine par la Russie, il a dû affronter la montée des tensions au niveau international sur fond de crise du multilatéralisme.
Florence Parly, 59 ans, quitte aussi sans surprise le ministère des Armées qu'elle pilotait depuis 2017. Secrétaire d'État au Budget sous Lionel Jospin de 2000 à 2002, cette personnalité discrète s'est battue en faveur d'une forte hausse des moyens des armées. Au cours des derniers mois, elle a dû notamment affronter le fiasco sur le méga-contrat des sous-marins français avec l'Australie, le retrait de la force Barkhane du Mali et la guerre en Ukraine.
La discrétion de Marlène Schiappa au cours des dernières semaines a été proportionnelle à son omniprésence au cours du quinquennat d'Emmanuel Macron. En poste comme secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les Discriminations, au moment de la vague MeToo, Marlène Schiappa occupait depuis l'été 2020 les fonctions de ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérie...
[Courte citation de 8% de l'article original]