"Un risque de casser la dynamique" : la fin du masque dans les transports est-elle pertinente ?

LCI - 15/05
[VIDÉO] - À compter de ce lundi 16 mai, le masque n'est plus obligatoire dans les transports en commun, mais seulement "recommandé". Pour le Dr Benjamin Davido, infectiologue, cette décision "est précipitée" et présente des risques. Entretien.

À compter de ce lundi 16 mai, le masque n'est plus obligatoire dans les transports en commun, mais seulement "recommandé".
Pour le Dr Benjamin Davido, infectiologue, cette décision "est précipitée" et présente des risques. Entretien.

Il règne comme un parfum de monde d'avant sur le pays. Dès ce lundi, les Français ne sont plus obligés de porter le masque dans les transports en commun, ainsi que l'a décidé le gouvernement. Se couvrir le nez et le visage, geste imposé depuis deux ans, n'est désormais plus que "recommandé" dans les bus, trains ou métros, comme l'a affirmé ces derniers jours le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Une décision qui intervient deux mois après la fin du pass vaccinal, et marque la fin des restrictions contre le Covid-19, hormis dans les services de santé. Mais est-elle judicieuse et justifiée scientifiquement ? Peut-elle entraîner un rebond épidémique ? Le Dr Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine), répond à TF1info.

Dès ce lundi, les Français peuvent tomber le masque dans les transports. Bonne idée ?

Je trouve que cette décision est politique plus que scientifique. N'oublions pas qu'il s'agit d'une pandémie, et non d'une épidémie française. Il ne suffit pas de décider que la pandémie est terminée pour qu'elle le soit vraiment. La fin du masque obligatoire dans les transports me semble précipitée et ne dépend d'aucun indicateur. Elle aurait pu être conditionnée à une circulation du virus extrêmement basse.

Décider que le 16 mai marque la fin de la barrière est une chimère, n'oublions pas l'aspect psychologique qui peut en découler

Dr Benjamin Davido

La France enregistre en moyenne 36.000 cas par jour, contre plus de 140.000 début avril. Fallait-il encore patienter ?

Oui, nous aurions pu jouer la carte de la prudence et attendre la mi-juin, de nous situer en dessous des 10.000 cas quotidiens. À cette échéance, avec le début des départs en vacances, il y aura moins de monde dans les transports des grandes agglomérations. La probabilité de créer des clusters y sera alors moins forte.

La fin du masque dans les transports peut-elle provoquer un rebond épidémique ?

Je ne pense pas que "rebond épidémique" soit le bon terme, mais cela risque de casser ...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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