Plus exposés que les journalistes eux-mêmes, car tenus de garder quotidiennement leur sens de l'humour couplé à un esprit subversif à toute épreuve, le tout dans un climat fait de morosité et d'autocensure généralisées, les caricaturistes et dessinateurs de presse algériens traversent aujourd'hui une conjoncture difficile. La plus difficile peut-être depuis la «décennie noire», où il leur fallait apporter un zest d'humour et toujours trouver mots d'esprit et sarcasmes pour commenter une actualité des plus dramatiques.
C'est pourquoi, il ne faut jamais s'étonner du décalage qu'il y a, aujourd'hui, entre le ton de liberté qu'on trouve chez certains dessinateurs et l'extrême platitude qui caractérise la ligne éditoriale de la plupart des titres.
Pour contourner l'autocensure et l'imprimatur, d'aucuns choisissent de publier leurs croquis dans des blogs personnels ou, comme c'est le cas le plus souvent, sur les réseaux sociaux, permettant ainsi un accès gratuit au public. Cela ne les a pas mis, toutefois, à l'abri des pressions, voire des poursuites.
C'est le cas du jeune caricaturiste Ghilas Aïnouche, 34 ans, ancien collaborateur de Charlie Hebdo, qui vient d'être convoqué par la justice algérienne pour ses caricatures jugées diffamantes, ce qui inclut notamment cell...
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