Législatives : Ce qui différencie les listes de la contestation

LOrientLeJour - 03/05
Face à la pléthore de listes se revendiquant proches du 17 octobre, L’Orient-Le Jour a tenté de mettre en relief ce qui les distingue dans chaque circonscription. Certaines circonscriptions...

Certaines circonscriptions comportent jusqu’à cinq listes qui se revendiquent de la thaoura. Comment les distinguer ? L’exercice est délicat compte tenu du fait que les programmes et les stratégies pour les mettre en œuvre manquent souvent de précision et qu’au sein d’une même liste, tous les candidats n’ont pas forcément les mêmes positions. L’Orient-Le Jour a toutefois essayé de mettre en relief ce qui différencie, dans chaque circonscription, les listes de la contestation afin de vous permettre d’y voir plus clair.

Beyrouth I

Voici la seule circonscription où les forces anti-système ont réussi à réaliser une percée en 2018 via l’élection de Paula Yaacoubian au siège arménien-orthodoxe. À Beyrouth I, le seuil électoral est relativement bas (quelque 5 000 voix en 2018) et l’opposition semble bien placée pour réitérer l’exploit, voire même faire mieux. Selon les observateurs, un des trois sièges arméniens orthodoxes et le siège des minorités sont prenables.

1. « Ma patrie » : société civile + « Tahalof Watani »

Brigitte Chelebian ; Charles Fakhoury ; Cynthia Zarazir ; Diana Ohanian ; Maguy Nanijian ; Paula Yaacoubian ; Ziad Abichaker ; Ziad Abs.

Elle se présente comme étant la principale liste de l’opposition à Beyrouth I. Regroupant principalement Tahalof Watani, la formation de la députée démissionnaire Paula Yaacoubian, elle présente un programme reprenant les grandes lignes du mouvement de contestation du 17 octobre, principalement la lutte contre la corruption et la réforme de l’État. La liste se définit également comme étant « souverainiste », se positionnant ainsi clairement contre les armes du Hezbollah.

2. « Beyrouth Madinati » : Madinati

Jacques Jindo ; Levon Telvizian ; Nada Sehnaoui ; Pierre Boulos Gemayel ; Tarek Ammar.

Très peu de choses différencient cette liste de celle de Paula Yaacoubian. Les deux moutures étaient même censées être unifiées. Mais un désaccord de dernière minute sur la sélection des candidats a provoqué l’éclatement de l’alliance. Finalement, le parti « social-écologiste » Madinati a formé une liste séparée, bien que reprenant les mêmes thématiques : lutte contre la corruption, passage à un État civil et désarmement du Hezbollah. Lors des dernières élections municipales en 2016, Madinati avait réalisé un score surprenant, obtenant quelque 30 % des voix, malgré un faible taux de participation.

3. « Capables » : Citoyens et citoyennes dans un État (MMFD)

Charbel Nahas ; Marilyn Jureidini ; Moussa Khoury ; Roy Ibrahim.

Le parti de Charbel Nahas a présenté 15 listes, soit une dans chaque circonscription. Il se distingue ainsi des autres groupes de la société civile par sa stratégie, qui vise à confronter son programme - transition vers un État laïc, couverture médicale universelle ou encore imputation aux propriétaires des banques d’une bonne partie des pertes du système financier - au défi des urnes au niveau national, face à des partis traditionnels “confinés” dans leurs régions. Le parti considère que la transition ne peut passer que par une négociation avec le pouvoir en place et appréhende les élections comme une sorte de référendum. Les détracteurs du mouvement l’accusent de faire preuve d'ambiguïté sur la question des armes du Hezbollah, ce que les candidats nient fermement. M. Nahas était en 2018 le candidat de l’opposition ayant obtenu le plus de suffrages préférentiels au Liban.

4. « Le Liban de la souveraineté » : Kataëb + Antoun Sehnaoui

Annie Séférian ; Antoine Siryani ; Asma-Maria Andraos ; Jean Talouzian ; Léon Sémerjian ; Nadim Gemayel ; Nagib Lian ; Talar Markoussian.

Si cette liste se revendique comme étant proche du mouvement de contestation, elle n’est pas acceptée comme telle par toutes les composantes de la thaoura. Pour cause : elle inclut Nadim Gemayel, figure traditionnelle du parti Kataëb, mais aussi Jean Talouzian, protégé du propriétaire de la Société générale de la banque libanaise, Antoun Sehnaoui. Les principales thématiques abordées par les candidats de la liste sont le désarmement du Hezbollah et la neutralité du Liban. La liste est cependant accusée d'ambiguïté sur la question de la refonte du système bancaire, sur fond de conflit d’intérêt.

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Beyrouth II

Historiquement, il s’agit du fief principal de Saad Hariri et de sa formation. Mais l'absence du parti bleu, dont le leader a déclaré son retrait de la vie politique en janvier, crée un vide dans l’arène politique. En faveur de l’opposition ?

1. « Beyrouth le changement » : groupes de la contestation

Samah Halwani, Fatima Mechref, Ibrahim Mneimné, Imane Tabbara, Wadah Sadek, Rouchdi Kabbani, Ali Abbas, Mahmoud Fakih, Hani el-Ahmadiyé, Nohad Yazbeck, Melhem Khalaf.

Elle se présente comme étant la principale liste de l’opposition à Beyrouth II. Elle regroupe des partis comme le Bloc national, Beyrouth touqawem e...
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