L'angoisse du renouvellement de passeport pour les expatriés marocains et algériens

Donia Ismail - Slate FR - 02/05
Malgré les améliorations récentes des procédures d'accueil dans les consulats nord-africains, les démarches pour obtenir un nouveau passeport demeurent une épreuve harassante, si bien que certains ressortissants préfèrent s'abstenir.

C'est depuis longtemps un sujet de blagues dans les communautés diasporiques d'Afrique du Nord en France. L'expérience consulaire est pour beaucoup un moment que l'on redoute, et qu'on souhaiterait éviter. Elle reste néanmoins inévitable pour ces expatriés, car il faut bien, à un moment, y retourner pour refaire le précieux sésame: au maximum tous les dix ans, et avant si un acte de naissance, de mariage, de décès, ou toute autre procédure d'état civil devient pressante.

À l'origine, le choc de 2014

On est en 2014. L'Algérie est gouvernée par Abdelaziz Bouteflika depuis quinze ans. Le pays décide de changer les conditions d'entrée sur son territoire pour ses ressortissants en s'alignant sur les autres pays. Il faudra dorénavant un passeport biométrique pour aller en Algérie. Une date limite est annoncée. Après celle-ci, on n'acceptera plus les anciens passeports. La conséquence? Dans toute la France, les ressortissants algériens s'amassent devant les consulats pour l'obtenir. Mais les autorités sont totalement désorganisées face à cet afflux massif. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnes expriment leur mécontentement, et leur choc face à la situation.

Ibtissam, 32 ans, s'en souvient avec précision. Née en Algérie, la jeune femme, alors alternante à Air France, a grandi dans l'Hexagone mais ne possède toujours pas la nationalité française. Se rendre au consulat algérien est alors «une obligation», «sinon, je ne voyage pas», assure-t-elle. En 2014, elle fait partie de cette foule qui accourt ...
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