VIDÉO - Une troublante vague de décès parmi les oligarques russes sème le doute

LCI - 29/04
[VIDÉO] - Le Kremlin est soupçonné d'être à l'origine de plusieurs assassinats d'oligarques russes. Six d'entre eux ont été retrouvés morts depuis janvier dernier, tandis que leurs familles ont été tuées. Il pourrait s'agir de crimes maquillés en suicide, selon des modes opératoires classiques du pouvoir russe.

Le Kremlin est soupçonné d'être à l'origine de plusieurs assassinats d'oligarques russes.

Six d'entre eux ont été retrouvés morts depuis janvier dernier, tandis que leurs familles ont été tuées.

Il pourrait s'agir de crimes maquillés en suicide, selon des modes opératoires classiques du pouvoir russe.

La scène de crime, la dernière d'une inquiétante série, soulève son lot de questions. Le 20 avril dernier, dans les beaux quartiers de Lloret de Mar, sur la Costa Brava espagnole, un homme est retrouvé pendu et sa femme et sa fille tuées à coups de couteau. Sergey Protosenya, important homme d'affaires russe, était l'ancien président de Novatek, géant du gaz en Russie. La scène du crime laisse à penser que c'est lui qui a poignardé ses deux proches avant de se donner la mort. 

Mais l'entourage de l'oligarque réfute cette thèse : "mon père n'est pas un meurtrier", "il n’aurait jamais fait ça", a déclaré son fils dans un entretien au Daily Mail. D'autres découvertes macabres similaires sèment aussi le trouble dans l'esprit des enquêteurs. La veille du drame, à 3500 km de là, l'ex-vice-président de la banque russe Gazprombank Vladislav Avaev, lui aussi lié à l'industrie gazière, est retrouvé mort à Moscou. Il se serait suicidé après avoir tué également sa femme et sa fille, cette fois par arme à feu. S'agit-il réellement de suicides, ou d'assassinats déguisés ? Ces affaires rappellent en tout cas d'autres morts suspectes dont les renseignements russes sont soupçonnés. 

De hauts cadres du secteur de l'énergie

"Il existe une longue tradition d'assassinat : c'est un système politique qui utilise de plus en plus des réseaux mafieux et criminels pour faire régner la loi et faire rentrer dans le rang tous ceux qui, dans le monde des affaires, pourraient jouer un jeu indépendant", précise dans le reportage du 20H de TF1 en tête d'article Andrei Kozovoi, historien de la Russie à l'université de Lille. 

Et la liste ne s'arrête pas là. Le 23 mars, Vasily Melnikov, dirigeant de l’entreprise d’équipement médical Medstorm, sa femme et ses deux enfants sont retrouvés morts dans leur appartement de Nijni Novgorod, en Russie. Là aussi, la piste d'un homicide familial suivi d'un suicide est privilégiée par la police russe. Un mois plus tôt, en Angleterre, un autre oligarque qui a fait fortune dans le pétrole et le gaz, Mikhaïl Watford, est découvert pendu dans son garage. À Saint-Pétersbourg, deux importants cadres de Gazprom se seraient également donnés la mort en début d'année, d'après la note qu'ils auraient laissée derrière eux.

Capture TF1

Derrière cette nébuleuse de mystérieux décès, un élément semble toutefois récurrent : presque tous ces oligarques occupaient ou avaient occupé de très hauts postes dans le secteur de l'énergie, le cœur de l'économie russe, grâce auquel cette dernière prospère, même depuis le début de la guerre, et qui se situe dans le viseur des alliés occidentaux de l'Ukraine. Ces derniers multiplient les sanctions contre Moscou et en particulier contre des milliers d'oligarques, ainsi que leur entourage. 

"Les personnes dont il est question pouvaient être au courant de l'organisation des flux financiers qui passent par ces compagnies énergétiques, comme de montages off-shore", c'est-à-dire le recours à l'optimisation fiscale, explique Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du centre Russie à l'Institut français des relations internationales (Ifri). "On sait que l'Occident cherche aujourd'hui à remonter les origines de plusieurs actifs, à cause des sanctions", ajoute-t-elle.

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Serait-ce une mise en garde adressée aux hauts cadres russes ? Depuis le début de la guerre, ils sont au moins cinq à avoir fui la Russie, par désaccord avec l'assaut armé livré par le Kremlin à l'Ukraine, dont le coup d'envoi avait été donné le 24 février. 

L'un d'ent...
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