Emmanuel Macron est-il désormais "le président le plus mal élu de la Ve République" ?

LCI - 25/04
Jean-Luc Mélenchon a dénoncé dimanche le fait qu'Emmanuel Macron soit désormais "le plus mal élu" des présidents de la Ve République. De son côté, le camp Macron met en avant les piètres scores de ses prédécesseurs. Décryptage et comparaison des résultats des différents seconds tours.

Jean-Luc Mélenchon a dénoncé dimanche le fait qu'Emmanuel Macron soit désormais "le plus mal élu" des présidents de la Ve République.

De son côté, le camp Macron met en avant les piètres scores de ses prédécesseurs.

Décryptage et comparaison des résultats des différents seconds tours.

Au soir du second tour, peu de temps après les résultats, Jean-Luc Mélenchon a tenu à prendre la parole publiquement. Le candidat de La France insoumise (LFI), arrivé troisième au premier tour, prépare déjà l’après, se rêvant en Premier ministre d’Emmanuel Macron après les élections législatives de juin, ouvrant ainsi une période de cohabitation. Pour cela, il a souligné le score du président réélu, ce 24 avril 2022 : "À présent, Emmanuel Macron est le président le plus mal élu de la Ve République. Sa monarchie présidentielle survit par défaut et sous la contrainte d’un choix biaisé. Il surnage dans un océan d’abstention, de bulletins blancs et nuls". 

L'abstention et les votes blancs et nuls

Avec 58,5% des suffrages exprimés et une abstention record depuis 20 ans, Emmanuel Macron est-il devenu "le plus mal élu" des présidents depuis 1958 ? Dans son analyse, Jean-Luc Mélenchon mentionne les abstentionnistes et les bulletins blancs ou nuls, qui représentent, respectivement, 28% et 6,1%, des inscrits. Or, ceux-ci ne sont pas comptés dans le total de suffrages exprimés, comme le rappelle le Conseil constitutionnel.

Le chef de file des Insoumis vise donc ici un autre résultat, celui du nombre d’électeurs inscrits qui ont placé un bulletin Macron dans l’urne. Or, ces derniers ont été 38,5% à voter dimanche pour le président-sortant. Contre 43,6% en 2017. Ce score a également été appuyé par des spécialistes du vote, comme Matthieu Gallard. Sur Twitter, le directeur de recherche à l’institut de sondages IPSOS, a évalué dimanche soir qu’Emmanuel Macron était réélu "avec environ 38% des suffrages des électeurs inscrits, contre 43,6% il y a cinq ans. C’est le plus bas niveau depuis Pompidou en 1969".

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En effet, depuis Georges Pompidou qui avait obtenu 37,5% des suffrages des inscrits, aucun candidat n’avait remporté l’élection avec si peu d’adhésion des électeurs inscrits. En cause cette année-là, une forte abstention de 31,1% des électeurs, pouvant être expliquée par l’appel de la majorité des candidats éliminés au premier tour de ne pas voter au second.

De son côté, le camp Macron tient à mettre en avant d’autres indicateurs pour expliquer la légitimité incontestable du président. Sur le plateau de LCI, Christophe Castaner a qualifié les propos de Jean-Luc Mélenchon de "première fake news de la soirée" en poursuivant : "C’est factuellement faux, à la fois en pourcentage et en nombre de voix. Ses prédécesseurs, à la fois François Hollande, Jacques Chirac et François Mitterrand dans les deux élections, ont fait moins en pourcentage et en nombre de voix". 

Christophe Castaner au lendemain de la réélection d'Emmanuel MacronSource : TF1 Info

Pour le président LReM à l’Assemblée nationale, le nombre de suffrages exprimés et le total des voix comptabilisés en faveur d’Emmanuel Macron suffisent à le distancer d’autres présidents en exercice. En nombre absolu de voix exprimées, Christophe Castaner a raison. Tandis que le président compte 18,7 millions de voix pour ce second tour, et donc 2 millions de moins qu’il y a cinq ans, tous ses prédécesseurs ont affiché de pires résultats, à l’exception de Nicolas Sarkozy en 2007 (18,9 millions) et de Jacques Chirac en 2022 (25,5 millions).

Si l’on prend le pourcentage des suffrages exprimés, Emmanuel Macron n’est pas non plus le "plus mal élu de la Ve République". Avant lui, aucun candidat n’a affiché de meilleurs scores, excepté lui-même en 2017 avec 66,1% des suffrages et Jacques Chirac, pour la première fois face à l’extrême-droite en 2002, avec 82,2% des votes.

Or, comme nous l’explique Frédéric Dabi, direct...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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