Non content de faire la guerre à ses voisins ukrainiens, Vladimir Poutine a donné au monde une répétition générale de ses plans actualisés pour l'Armageddon nucléaire la semaine dernière. Mercredi, alors que les forces russes continuaient d'aplatir la ville de Marioupol, le chef du Kremlin a décidé que ce serait le bon moment pour tester son dernier missile nucléaire intercontinental. Nous pouvons considérer cela comme la première salve d'une nouvelle course mondiale aux armements nucléaires.
Le Sarmat II – surnommé Satan II par les responsables occidentaux – est le genre de tromblon atomique brutal auquel le monde espérait tourner le dos après la fin de la guerre froide. Pesant plus de 200 tonnes, il fonctionne comme une bombe à fragmentation, transportant non seulement une ogive mais jusqu'à 15, qui se dispersent sur le territoire ennemi pour détruire une ville chacune. Certes, l'Occident possède également des armes Domesday à haut rendement similaires. Mais les dirigeants mondiaux responsables s'abstiennent de s'en vanter - et encore moins de les agiter en période de tensions accrues. Ce n'est pas le cas Monsieur Poutine.
"Ce nouveau missile est capable de vaincre tous les moyens modernes de défense antimissile", s'est-il vanté, alors que des images de la télévision d'État montraient le lancement du missile depuis un silo dans le nord enneigé de la Russie. "Cette arme fera réfléchir à nouveau ceux qui tentent de nous menacer dans le feu de la rhétorique agressive."
De peur que quiconque ne doute de qui il parlait, Dmitri Rogozine, le chef de l'agence spatiale russe, a tweeté que le missile était un "cadeau à l'OTAN".
Malgré toutes les postures de M. Poutine, le Sarmat ne change pas vraiment la donne, selon les experts militaires. Il s'agit essentiellement d'une mise à jour du 21e siècle sur les systèmes de missiles russes à longue portée existants datant des années 1960.