"Il ne faut pas donner de voix à Mme Le Pen !", a répété trois fois Jean-Luc Mélenchon dimanche 10 avril, après avoir frôlé la qualification pour le 2nd tour de la présidentielle. Cette option ne faisait d’ailleurs pas partie des choix proposés lors de la consultation de la France insoumise pour le second tour de l’élection présidentielle, lors de laquelle 215.292 personnes qui avaient apporté leur soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon ont choisi de voter blanc ou nul (37,65%), de voter pour Emmanuel Macron (33,40%) ou de s’abstenir (28,96%).
Pourtant, selon le baromètre Ifop-Fiducial réalisé pour TF1info vendredi 15 avril, 18% des personnes ayant voté pour l’Insoumis au premier tour ont l’intention de voter pour la candidate du Rassemblement national au second. TF1info en a interrogé certains, ils nous ont expliqué quelles étaient leurs motivations.
En premier lieu, ils assument un vote anti-Macron. "Le vote Mélenchon était un vote utile pour essayer de faire barrage à Emmanuel Macron. Le Pen étant maintenant en face de Macron, je voterai pour elle pour lui faire barrage", explique Jim. Alexis votera à "contre cœur" pour Marine Le Pen mais il préfère "une candidate qui veut aider la classe moyenne et les fonctionnaires". "Emmanuel Macron n’a pas réussi à rassurer les Français et avec l’inflation actuelle, de moins en moins s’en sortent", ajoute celui qui espère toutefois que "même dans le cas où Marine Le Pen arriverait au pouvoir, elle n’aura pas la majorité à l’Assemblée nationale".
"Mon choix sera vite fait puisque j'ai subi la politique d'Emmanuel Macron : ma société a été mise en liquidation suite au mouvement des Gilets jaunes", indique Josselin. "Je fais partie de ceux qui ne veulent plus de la politique de La République en marche", qu’il estime être "le parti le plus dangereux de France". Il voit par ailleurs un point commun entre le RN et LFI : "la défense de la France et des Français, y compris à l’international".
Parmi les mesures d'Emmanuel Macron dont ne veulent pas ces électeurs, la retraite à 65 ans et le RSA conditionné arrivent en bonne place. "Je ne me vois pas travailler jusqu'à l'âge de 65 ans", reconnaît Sam, alors que Jean-Luc Mélenchon était pour la retraire à 60 ans et que la candidate RN prône un statu quo à 62 ans. "Voter Marine Le Pen, c'est d'abord voter contre le projet d'Emmanuel Macron et sa retraite à 65 ans, l'obligation de travailler pour toucher le RSA, et l'argent mal utilisé avec les cabinets de conseil comme McKinsey", abonde un autre témoin, qui estime lui aussi "que le danger du vote pour Marine Le Pen est moindre puisque sans la majorité elle ne pourra pas faire de lois trop extrêmes". "Je refuse la retraite à 65 ans, la baisse du pouvoir d'achat et la réduction des APL", confirme Anastasia, également opposée au pass vaccinal.
"Pour moi, ce sera tout sauf Macron", assume Hélène, mère de 48 ans, qui elle aussi fera son choix pour une candidate qui, comme Jean-Luc Mélenchon, s'est prononcée contre le pass vaccinal. "Je ne veux pas d’une nouvelle étape dans les QR code et autres mesures politico-sanitaires liberticides. Je veux que mes enfants soient libres et faire du sport et de poursuivre librement leurs apprentissages."
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