Débarrassée de son apanage antisémite par l'écrivain Renaud Camus, la théorie du «grand remplacement» est sortie de la marge de l'extrême droite pour conquérir les masses. Nouveau visage d'un suprémacisme français, Daniel Conversano prône le communautarisme blanc, le natalisme, et un repli identitaire extrême. Si en public il se montre très prudent sur ses propos, en privé en revanche, l'antisémitisme n'est jamais bien loin.
Durant trois ans, Delphine-Marion Boulle et Valentin Pacaud ont infiltré son groupe Les Braves et lui ont consacré une enquête, Au nom de la Race, aux éditions Robert Laffont.
Nous en publions ici deux extraits.
«Posons la question du judaïsme, ce qu'il faut penser des Juifs»[1], commence ainsi Daniel Conversano dans son discours d'introduction au camp d'été 2019. «La meilleure stratégie concernant les Juifs à un niveau médiatique, c'est d'en parler le moins possible. C'est-à-dire, on ne te pose pas la question, tu n'en parles pas. Quand tu fais un camp raciste où les non-Blancs ne sont pas acceptés –et la police le sait et essaie de nous coincer, les médias qui se sont penchés sur nous le savent et les...
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