"Je suis, de tous les candidats, la plus respectueuse de la démocratie et la plus attentive aux libertés individuelles." Voilà ce qu'a assuré Marine Le Pen à une électrice de Jean-Luc Mélenchon qui l'interrogeait, ce mardi 12 avril au matin sur France Inter. Depuis sa qualification au second tour de l'élection présidentielle, dimanche dernier, la candidate du Rassemblement national fait tout pour convaincre l'électorat insoumis de la choisir le 24 avril. Si pour l'instant, elle a choisi de mettre principalement en avant sa lutte en faveur du pouvoir d'achat, ce mardi, elle vantera ses propositions en faveur de la démocratie, similaires à celles de Jean-Luc Mélenchon.
À Vernon (Eure), la candidate devrait rappeler son engagement en faveur de l'instauration d'un Référendum d'initiative citoyenne (RIC) et de la proportionnelle aux élections législatives. "Je vais mettre en place le Référendum d’initiative citoyenne qui a longtemps été promis et qui n’a jamais été tenu", a-t-elle expliqué sur France Inter. "500.000 Français pourront saisir (...) l’ensemble des autres Français" pour voter ou abroger une loi, sur des questions de société, précise-t-elle dans son programme. Jean-Luc Mélenchon semblait toutefois aller un peu plus loin, proposant d'instaurer le RIC pour révoquer des élus, proposer ou abroger une loi et modifier la Constitution.
"Je mettrai en place la proportionnelle", a également assuré Marine Le Pen sur France Inter. "Là encore, promesse faite mille fois et jamais tenue. L’Assemblée nationale ne peut pas continuer à être appelée représentation nationale quand en réalité elle ne représente plus le poids des idées de chacun des Français." Jean-Luc Mélenchon proposait, lui, d'élire l’Assemblée nationale au scrutin proportionnel départemental.
Aussi, si Marine Le Pen a choisi Vernon comme destination ce mardi, c'est parce qu'il s'agit de la commune dont a été maire le ministre des Outre-mer et copilote de la campagne d'Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu. La candidate du Rassemblement national ne manquera pas de rappeler que le chef de l'État n'a pas tenu ses promesses en matière de démocratie et de réforme institutionnelle. Un an après le début de son quinquennat, devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles, Emmanuel Macron s'était donné "un an" pour "changer les institutions", notamment en introduisant une dose de proportionnelle, limitant à trois les mandats des élus dans le temps ou baissant d'un tiers le nombre de députés et de sénateurs.
Lors de la présentation de son programme 2022, le président-candidat a annoncé la création d'une "commission transpartisane" pour "faire cheminer cette réforme". "Nos institutions en ont besoin. Je n'ai pas changé de conviction", a-t-il assuré. Sur le modèle de la convention citoyenne pour le climat, il a également annoncé le lancement d'une convention citoyenne sur la fin de vie.
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