Dans la dernière ligne droite de la campagne, Emmanuel Macron a indiqué qu'il souhaitait indexer les pensions de retraite sur l'inflation dès cet été, évoquant une "mesure d'urgence". Le chef de l'État n'est pas le seul à se soucier des séniors, puisque la candidate Les Républicains (LR), Valérie Pécresse, a profité de l'une de ses dernières interviews pour lancer un message aux retraités. Ces derniers, a-t-elle indiqué, "voient tous les jours leur pouvoir d'achat se dégrader". Ce qui justifie à ses yeux de prendre des mesures leur étant directement destinées si elle l'emporte à l'issue de l'élection.
Peut-on affirmer que le pouvoir d'achat des retraités recule ? Le dernier rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR), basé sur des données allant jusqu'à 2019, se montre assez clair sur la question. "Au niveau individuel [...] les retraités ont subi au cours des 25 dernières années une érosion de leur pouvoir d’achat différente selon la génération, d’autant plus importante que leur pension est élevée", peut-on lire. Une évolution à la baisse notable sur les graphiques qui suivent, représentant plusieurs générations de retraités.
Le COR prend l'exemple de la génération 1932, qui au bout de 28 ans voit son pouvoir d'achat en baisse "de 14 %, dont une perte de 6,6 % sur les cinq années après la première pension, en raison des hausses de la CSG de la période 1993-1997". Une diminution qui n'est donc pas récente, loin de là. Le COR note en revanche que "les pertes sont plus limitées pour les générations ultérieures, même si celles-ci demeurent bien réelles. La baisse observée du pouvoir d’achat entre 2014 et 2020 "provient plus particulièrement de la non-revalorisation de la valeur du point ARRCO", apprend-on dans le même temps.
Se focaliser sur la seule évolution du pouvoir d'achat peut apparaître réducteur, notamment si l'on omet de se pencher sur le niveau de vie des retraités par rapport au reste de la population. Le COR, qui a également étudié cet aspect, souligne qu'en 2018, "le niveau de vie moyen des retraités est légèrement supérieur à celui de l’ensemble de la population". Par ailleurs, "le niveau de vie relatif des retraités (rapport entre leur niveau de vie et celui de l’ensemble de la population) est resté stable depuis 1996, alors qu’il avait fortement progressé depuis 1970". Notons qu'il devrait toutefois "diminuer à long terme" selon les dernières projections. Sur une période plus récente, le tableau est moins positif : "Au total, le niveau de vie des retraités n’a pas évolué plus rapidement que l’inflation depuis 2010. Entre 2017 et 2018, il a même baissé de 1,2 % en euros constants", indique le rapport.
Si "le niveau de vie moyen des retraités est légèrement supérieur à celui de l’ensemble de la population depuis le milieu des années 1990" et qu'il devrait le rester jusqu’au milieu des années 2020 selon les projections...
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