Une justice transformatrice dont l'impact peut être limité

New York Times - 07/04
Le juge Ketanji Brown Jackson contribuera à faire ressembler la Cour suprême à la nation, mais aura peu de pouvoir pour arrêter sa trajectoire vers la droite.

WASHINGTON – La juge Ketanji Brown Jackson, la première femme noire confirmée à la Cour suprême, va en un sens la transformer. Une fois qu'elle remplacera le juge Stephen G. Breyer, l'un des 108 hommes blancs qui l'ont précédée, le tribunal ressemblera beaucoup plus à la nation qu'il sert.

Il y aura, pour la première fois, quatre femmes sur le court. Aussi pour la première fois, il y aura deux juges noirs. Et une latine.

Mais ce nouveau tableau sur le grand banc en acajou du tribunal masquera une vérité simple : la nouvelle justice ne fera rien pour modifier la dynamique de base d'un tribunal dominé par six personnes nommées par les républicains.

Aussi collégiale qu'elle soit, quelle que soit sa réputation de "faiseur de consensus" et si son dossier de vote sera légèrement à droite ou à gauche de celui du juge Breyer, la majorité conservatrice déséquilibrée de la cour restera aux commandes. La juge Jackson se retrouvera très probablement, comme le juge Breyer, en dissidence dans les principales affaires du tribunal sur des questions sociales très chargées.

En effet, dans une institution qui valorise l'ancienneté, l'aile libérale de trois membres du tribunal est susceptible de perdre du pouvoir.

La violence de la lutte autour de la confirmation du juge Jackson était donc totalement en contradiction avec ce qui était en jeu dans le travail réel de la cour, du moins à court terme.

Le juge Breyer restera sur le terrain jusqu'à la fin du mandat actuel, fin juin ou début juillet. Il a récemment été du côté des perdants dans des décisions refusant de bloquer une loi du Texas qui interdit la plupart des avortements après six semaines et fermant les programmes de l'admini...
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