Mort d'Yvan Colonna : sa famille attaque l'État en justice

LCI - 06/04
[VIDÉO] - Un peu plus d'un mois après l'agression du Berger de Cargèse en prison par un codétenu, ses proches déposent plainte. Le nationaliste corse est décédé le 21 mars à l'hôpital de Marseille.
L'essentiel

Un peu plus d'un mois après l'agression du Berger de Cargèse en prison par un codétenu, ses proches déposent plainte.

Le nationaliste corse est décédé le 21 mars à l'hôpital de Marseille.

Un peu plus de quinze jours après le décès d'Yvan Colonna, la famille du défunt annonce, via son avocat, qu'elle attaque l'État en justice. 

"Les membres de la famille d'Yvan Colonna, (ses enfants, sa femme, ses parents, son frère et sa sœur) ont saisi aujourd'hui le tribunal administratif de Marseille d'une action en responsabilité contre l'État. Ils "considèrent que l'administration pénitentiaire est juridiquement responsable de son décès", détaille Me Patrice Spinosi, l'un des avocats de la famille, dans un communiqué.

L'avocat et ses clients estiment que : "les différents éléments d'enquête rapportés par la presse et les auditions parlementaires n'ont fait qu'entretenir le soupçon selon lequel l'agression dont a été victime Yvan Colonna est en lien direct avec une série de dysfonctionnements administratifs."

La dangerosité de son agresseur a-t-elle été sous-estimée?

Yvan Colonna qui purgeait une peine de prison à perpétuité pour l'assassinat du préfet Érignac en 1998 à Ajaccio avait été agressé le mercredi 2 mars par Franck Elong Abé, un codétenu de la maison centrale d'Arles dans les Bouches-du-Rhône. Il avait succombé à ses blessures le 21 mars à l'hôpital de Marseille où il avait été transféré. 

Son meurtrier, Franck Elong Abé, arrêté en Afghanistan et condamné notamment pour "association de malfaiteurs terroriste", était incarcéré depuis 2019 à la maison centrale d'Arles (Bouches-du-Rhône), après un parcours chaotique dans d'autres établissements.  Il a expliqué aux enquêteurs avoir attaqué son codétenu, dans la salle de sport, "pour riposter contre celui qui a blasphémé", assurant qu'il avait tenu des paroles offensantes "cinq ou six fois".

Le 30 mars, le chef de la maison centrale d'Arles entendu devant la commission des lois à l'Assemblée nationale avait déclaré que le meurtrier d'Yvan Colonna "voulait se payer quelqu'un de connu", disant ne pas croire l'explication d'un "blasphème" prononcé par le détenu corse. "Jusqu'au 2 mars, aucun de vous n'en avait entendu parler. Qu'est-ce qu'il pouvait faire pour être connu et pas être le petit jihadiste inconnu parmi X en France? Agresser (...) qui, sinon le plus connu sur la prison, Yvan Colonna", avait ajouté Marc Ollier lors d'une audition devant la commission des lois.

Sa prédécesseure à la tête de la prison d'Arles, Corinne Puglierini, a elle indiqué que "jusqu'au drame", Franck Elong Abe "donnait entière satisfaction" dans son emploi d'"auxiliaire" chargé du ménage des salles de sport, qu'il occupait depuis septembre. Elle a ajouté n'avoir "pas d'informations" sur le fait qu'il se soit laissé pousser la barbe depuis peu et n'avoir pas eu de communication de la part des services de renseignements sur son attitude en Afghanistan.

Pourtant, à plusieurs reprises, la commission pluridisciplinaire unique (CPU) avait préconisé que le cas de Franck Elong Abé fasse l'objet d'une étude au Quartier d'évaluation de la radicalisation (QER)

Après l'agression puis la mort d'Yvan Colonna, ses soutiens ont fait part de leur colère et de leur incompréhension au cours de plusieurs manifestations émaillées de violences.  

Aurélie Sarrot

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  • Police, justice et faits diversMort du militant indépendantiste corse Yvan Colonna
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