La Nasa n'était pas convaincue par l'intérêt d'un microphone martien. À tort. Les premiers sons de la planète Mars audibles par l'oreille humaine, enregistrés par le microphone conçu par l'Isae-Supaéro installé sur SuperCam, sont bien plus utiles à la science qu'il n'y paraît. Leur analyse permet notamment d'en savoir plus sur les caractéristiques physiques de l'atmosphère de Mars. Les explications de David Mimoun, responsable scientifique du microphone SuperCam et professeur à l'Isae-Supaéro.
Un silence assourdissant. Pendant 50 ans, les différentes missions martiennes nous ont renvoyé des milliers d'images saisissantes de la surface de Mars, mais jamais un seul son ! Comme le souligne le communiqué de presse de l'Isae-Supaéro, la mission « Perseverance de la Nasa a mis fin à ce néant sonore en enregistrant les premiers sons martiens audibles par l'oreille humaine ».
Comment ? Avec le Mars Microphone conçu par l'Isae-Supaéro installé sur SuperCam. S'il est vrai que la Nasa n'était pas très convaincue de l'intérêt de l'embarquer à bord de Perseverance, ce n'était pas le cas de l'équipe du microphone qui était persuadée que l'étude du paysage sonore de Mars pouvait faire avancer notre compréhension de cette planète. Le pari de l'équipe de David Mimoun, responsable scientifique du microphone SuperCam et professeur à l'Isae-Supaéro, est donc gagnant. « Il est aujourd'hui possible d'entendre les vrais sons de la surface martienne, et l'étude de ces sons a un réel intérêt pour la planétologie ».
Preuve de l'intérêt scientifique de cet instrument, la prestigieuse revue Nature publie les travaux de l'analyse de ces sons d'une équipe internationale, regroupant des scientifiques du CNRS, de l'ISAE-Supaéro et de l'équipe de SuperCam.
Mais si écouter le rover rouler sur Mars, le laser du SuperCam contre les roches martiennes ou le vent soufflant peut apparaître ludique, pour les scientifiques il n'en est rien. Bien au contraire. En avril 2021, Naomi Murdoch, chercheur à l'Isae-Supaéro en charge de l'analyse des sons martiens, nous expliquait déjà qu'il y a un « réel intérêt technique et scientifique à écouter les sons sur Mars ». Les sons martiens ne vont évidemment pas révolutionner la connaissance de la planète, mais plutôt « l'améliorer dans de nombreux domaines, en particulier pour ce qui est de la connaissance de l'atmosphère martienne et de ses interactions avec la surface ».
Cela dit, s'il est possible d'écouter Mars, il faut savoir que les « sons martiens révèlent un monde étonnamment calme, silencieux ». Si calme, que certains scientifiques ont « parfois cru que le microphone ne fonctionnait plus » ! Force est de constater qu'en dehors du vent, les « sources sonores naturelles sont rares ».
Preuve de son utilité scientifique, le microphone est aujourd'hui « utilisé largement par l'équipe d'étude de l'atmosphère, notamment pour en apprendre davantage sur les turbulences, la bonne surprise de ces sons ». Leur analyse approfondie a rendu « perceptible le son généré par la turbulence de l'atmosphère martienne » et a permis son étude à des « échelles 1.000 fois inférieures à ce qui était connu ».
Écoutez les sons de Mars enregistrés par le rover Perseverance depuis son arrivée en fé...
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